Contrôles resserrés à l'aéroport de Dallas
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AFP/Tom Pennington/Getty Images
Experts et groupes de défense des droits de la personne dénoncent les mesures de contrôle renforcées, adoptées à l'encontre des ressortissants de 14 pays, pour majorité musulmans.
Mesures malvenues et grossières, profilage racial, stigmatisation des musulmans, paranoïa antiterroriste: l'entrée en vigueur, lundi, de mesures renforcées encadrant la sécurité aérienne aux États-Unis a suscité une levée de boucliers.
Adoptées dans la foulée de l'attentat manqué du 25 décembre contre le vol 253 Amsterdam-Detroit de la Northwest Airlines, les nouvelles directives incluent une fouille corporelle « complète » ainsi qu'une inspection manuelle des effets personnels des passagers.
Elles s'appliquent aux passagers en provenance de 14 pays, dont la liste a été publiée dimanche dans un communiqué de la Direction américaine de la sécurité des transports (TSA), et aux voyageurs ayant transité par un de ces 14 pays. À l'exception de Cuba, l'ensemble des États visés sont de tradition musulmane ou à dominante musulmane.
C'est d'ailleurs ce fait qui a attiré les critiques, notamment celles de l'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU). Selon l'ACLU, prétendre qu'on peut évaluer la menace potentielle que pose un individu sur la base de son origine nationale est irréaliste. C'est « avant tout un prétexte pour faire du profilage racial , [ce] qui est inefficace, anticonstitutionnel et va à l'encontre des valeurs de l'Amérique », peut-on lire dans un communiqué émis par l'organisme.
Le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR) dénonce pour sa part une série de mesures qui fait de chaque musulman une menace en puissance. « Si viser spécifiquement des voyageurs sur la base de leur religion ou de leur origine nationale est susceptible de rassurer certaines personnes, cela ne sert en fait qu'à aliéner et stigmatiser des musulmans et n'améliore en rien la sécurité du transport aérien », a déploré le directeur national de l'organisation.
À Cuba, le quotidien Granma, organe du Parti communiste au pouvoir, a parlé d'une « directive désespérée » qui s'inscrivait dans une « paranoïa antiterroriste ».
Un expert américain en matière de sécurité auprès du Council on Foreign Relations, interviewé par l'Agence France Presse, met pour sa part en doute l'efficacité de cette initiative. « Se contenter d'ajouter un système peu sophistiqué qui cible tous les ressortissants de certains pays sera inefficace et ira à l'encontre des intérêts américains de manière plus générale », ajoute M. Allen, auteur d'un livre sur les politiques post-11 septembre de contrôle aux frontières.
Selon lui, Al-Qaïda n'aura aucun mal à mettre en échec ce « système grossier de contrôle fondé sur la nationalité » en recrutant des kamikazes dans d'autres pays. À ses yeux, l'administration Obama devrait plutôt se concentrer sur une meilleure surveillance et sur un meilleur partage des renseignements entre ses différentes branches.
Un contrôle accru
Image de scanner corporel
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TSA
La fréquence des fouilles aléatoires de passagers à destination américaine sera également augmentée. La TSA recommande aussi le recours à des « technologies perfectionnées de contrôle », comme le scanneur corporel.
Des mesures de sécurité renforcées ont été mises en place dès le lendemain de la tentative d'attentat, comme l'interdiction de se rendre à la toilette ou de poser un objet sur ses genoux dans l'heure précédant l'atterrissage.
Les nouvelles directives de la TSA s'imposent à tous les transporteurs, américains ou étrangers.
Par ailleurs, le président Obama présidera mardi une réunion des chefs des agences américaines du renseignement au cours de laquelle ils étudieront les conséquences de l'attentat raté du Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab, qui n'a pas réussi à mettre le feu à des explosifs à bord de l'avion de la Northwest Airlines.
Dans un communiqué publié de son lieu de vacances, à Hawaï, le président a indiqué que la rencontre portera sur « l'amélioration de la sécurité et du partage des renseignements dans nos opérations de contre-terrorisme » afin d'éviter toute tentative d'attentat similaire à celle du 25 décembre.
Dans la foulée de l'attentat avorté, les républicains ont profité de l'occasion pour critiquer la faiblesse présumée du président démocrate et de son administration sur les questions de sécurité, un thème qu'ils avaient déjà exploité lors de la présidentielle de 2008. Ils espèrent d'ailleurs inscrire ce thème au coeur de la campagne électorale de mi-mandat de novembre prochain.
Après les Pays-Bas, le Royaume-Uni a annoncé dimanche que les aéroports britanniques seront équipés de scanneurs corporels.