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Tristesse et consternation

Mise à jour le jeudi 31 décembre 2009 à 21 h 10

Le sergent George Miok, le soldat Garrett William Chidley, le sergent Kirk Taylor et le caporal Zachery McCormack

Photo: La Presse Canadienne /Défense nationale

Le sergent George Miok, le soldat Garrett William Chidley, le sergent Kirk Taylor et le caporal Zachery McCormack

Au lendemain de l'explosion d'un convoi canadien à Kandahar, on connaît maintenant l'identité des quatre militaires qui ont péri dans l'attentat.

Les victimes sont:

  • Le sergent George Miok, 28 ans, membre du 41 Combat Engineer Regiment, basé à Edmonton, en Alberta.
  • Le sergent Kirk Taylor, 28 ans, membre du 84 Independent Field Battery, Royal Canadian Artillery, basé à Yarmouth, en Nouvelle-Écosse.
  • Le caporal Zachery McCormack, 21 ans, membre du Loyal Edmonton Regiment, 4e Bataillon du Princess Patricia's Canadian Light Infantry, basé à Edmonton, en Alberta.
  • Le soldat Garrett William Chidley, 21 ans, membre du 2e Bataillon du Princess Patricia's Canadian Light Infantry, basé à Shilo, au Manitoba.

Tous les quatre servaient dans l'Équipe de reconstruction provinciale de Kandahar. Ces morts portent à 138 le nombre de militaires canadiens tués en Afghanistan depuis le début de la mission en 2002.

Michelle Lang, une journaliste du Calgary Herald, qui était dans le même convoi que les militaires, a également été tuée au cours de l'incident. Elle est la première journaliste canadienne à mourir en Afghanistan depuis 2002.

Quatre militaires et un civil canadiens ont aussi été blessés lors de l'explosion, survenue au cours d'une patrouille de sécurité à 4 km au sud de Kandahar, mercredi, vers 16 h, heure locale.

En point de presse, le brigadier général Daniel Ménard a parlé des quatre soldats avec fierté, les décrivant comme des hommes enthousiastes et passionnés. Il a aussi salué Michelle Lang pour sa sensibilité et sa facilité à communiquer avec les gens.

Dans un communiqué rendu public jeudi, le premier ministre Stephen Harper a présenté ses condoléances aux familles des militaires. « Ces quatre courageux soldats ont perdu la vie en aidant les Afghans et les Afghanes à bâtir un avenir meilleur [...] Nous leur en sommes à jamais redevables », a-t-il déclaré.

M. Harper a également offert ses condoléances à la famille de la journaliste, qui « a courageusement risqué sa vie pour faire un reportage dans l'un des pays les plus dangereux du monde et qui l'a perdue en rapportant l'action précieuse menée par les soldats, les travailleurs humanitaires et les diplomates canadiens en Afghanistan », a-t-il dit.

Le premier ministre a qualifié les cinq victimes de « véritables héros canadiens ». Le Canada « n'oubliera jamais leur dévouement et leur sacrifice », a-t-il conclu.

De son côté, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a soutenu dans un communiqué que ces nouvelles pertes rappellent combien la mission en Afghanistan est dangereuse.

Pour sa part, le chef libéral Michael Ignatieff a souligné que personne n'oubliera ceux qui ont péri pour donner aux Afghans un pays où ils pourront vivre en sécurité. Il a ajouté que la mort de Mme Lang rappelle l'importance de la liberté de presse comme condition de la démocratie.

Les cinq morts de mercredi constituent la plus importante perte en vies humaines canadiennes en une seule journée depuis le 4 juillet 2007, où six militaires avaient été tués.

Au même moment, huit Américains, dont sept agents de la CIA, ont été tués dans un attentat-suicide perpétré dans le sud-est du pays. Les deux attaques ont été revendiquées jeudi par les talibans.

Par ailleurs, deux reporters français et leurs accompagnateurs ont été enlevés, mercredi, au nord-est de Kaboul.

La communauté journalistique en deuil

Michelle Lang à Kandahar le 12 décembre 2009

Photo: La Presse Canadienne /Colin Perkel

Michelle Lang à Kandahar le 12 décembre 2009

La mort de Michelle Lang a provoqué une onde de choc au sein de la communauté journalistique canadienne. Les drapeaux de Calgary étaient en berne en son honneur, jeudi.

Ses collègues du Calgary Herald sont dévastés. « On a eu d'autres collègues y aller [en Afghanistan] et revenir [...] Je n'ai jamais pensé qu'elle ne reviendrait pas en janvier [...] C'est difficile de voir son bureau alors qu'on sait qu'elle n'y reviendra jamais », affirme Gwendolyn Richards, qui travaillait avec Michelle Lang.

« Elle était très gentille, très curieuse et très solide en même temps », souligne pour sa part Colin Perkell, un journaliste canadien qui l'accompagnait là-bas.

Malgré la mort de Michelle Lang, la pertinence de couvrir la mission en Afghanistan ne doit pas être remise en question, selon les médias eux-mêmes. « Ça reste un devoir des médias de le faire cette couverture-là », affirme Richard Bousquet, vice-président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ).

« La question n'est pas de savoir si on doit être en faveur ou en défaveur de cette guerre. Le Canada est en guerre. On n'a pas le choix de couvrir ce qui se passe là-bas », ajoute Alain Saulnier, le directeur général de l'information aux services français de Radio-Canada.

Rappelons que si Michelle Lang est la première journalistique à perdre la vie en Afghanistan, plusieurs membres des médias y ont frôlé la mort. C'est notamment arrivé au reporter de Radio-Canada Jean-François Bélanger, l'automne dernier. En 2007, le caméraman Charles Dubois a aussi été grièvement blessé lors d'un déplacement avec Patrice Roy, tous deux au service de Radio-Canada. Voyez aussi leur reportage tourné le 22 août 2007.

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