Al-Qaïda revendique l'action

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne, Agence France-Presse et Reuters
L'avion de Delta Airlines qui a été la cible d'un attentat déjoué le 25 décembre. L'avion de Delta Airlines qui a été la cible d'un attentat déjoué le 25 décembre   © AP/Charles Rex Arbogast

Le groupe Al-Qaïda dans la péninsule Arabique revendique l'attentat manqué, le jour de Noël, contre un avion de Delta Airlines. L'appareil assurait la liaison Amsterdam-Détroit avec 278 passagers et 11 membres d'équipage à son bord.

Dans le communiqué revendiquant l'attentat manqué du jour de Noël, le groupe Al-Qaïda dans la péninsule Arabique explique avoir voulu se venger de récentes attaques américaines menées au Yémen.

Dans un communiqué publié sur un site web islamiste, la branche du groupe terroriste pour l'Arabie saoudite et le Yémen explique avoir voulu se venger de récentes attaques américaines menées au Yémen.

Le groupe affirme avoir fourni au jeune Nigérian interpellé dans l'avion un engin perfectionné, qui n'a pas explosé en raison d'un problème technique.

Le suspect, Umar Farouk Abdulmutallab, aurait avoué au cours de sa garde à vue avoir injecté à l'aide d'une seringue un liquide chimique dans une poudre explosive, de la penthrite, qu'il avait cachée sur sa cuisse, selon de hauts responsables américains cités par des médias.

Le jeune Nigérian, 23 ans, a été maîtrisé par des passagers, alertés par une petite explosion et un début d'incendie, alors que l'avion commençait sa descente vers Détroit. Il a affirmé avoir été entraîné au Yémen par Al-Qaïda, selon d'autres sources citées par des médias.

Un couple d'Américains qui se trouvait à bord de l'appareil a dit avoir vu un homme de grande taille d'une cinquantaine d'années, bien habillé, discuter avec le suspect vendredi matin, à l'aéroport d'Amsterdam. La police hollandaise enquête sur l'éventuelle implication d'un complice.

Les forces du Yémen ont mené deux frappes aériennes contre Al-Qaïda dans le pays, en décembre, avec l'aide des services de renseignement américains. La deuxième frappe a eu lieu la veille de l'attentat manqué contre un avion à destination de Détroit.

Un jeune homme de bonne famille

Umar Farouk Abdulmutallab Umar Farouk Abdulmutallab   © PC/AP/U.S. Marshal's Service

Selon l'Associated Press, le gouvernement du Yemen a indiqué que Umar Farouk Abdulmutallab se trouvait au Yémen de début août à début décembre.

Il avait obtenu un visa pour des études d'arabe dans une école de Sanaa, études qu'il aurait bel et bien suivies. Les autorités yéménites enquêtent tout de même sur ses activités dans le pays, qu'il ne visitait pas pour la première fois.

Abdulmutallab figurait depuis novembre dernier dans une base de données de 550 000 personnes soupçonnées de relations terroristes. Les informations n'étaient toutefois pas suffisantes pour l'interdire de vol aux États-Unis.

En revanche, la Grande-Bretagne lui avait interdit l'entrée sur son territoire, mais pas le transit, après lui avoir refusé un visa d'études en mai, a-t-on appris lundi. Le Nigérian aurait tenté d'obtenir ce visa en présentant un faux document.

La famille d'Umar Farouk Abdulmutallab a aussi confirmé par voie de communiqué que le père avait fait part de ses inquiétudes sur la radicalisation de son fils aux services de sécurité nigérians il y a deux mois, puis aux services étrangers. Le jeune musulman avait coupé toute communication avec sa famille.

Fils d'un riche banquier, Abdulmutallab a suivi des cours d'ingénierie et de finance à Londres de 2005 à 2008, avant de partir étudier à Dubaï. Le président et doyen de la University College London a d'ailleurs déclaré que c'était « un jeune homme avec de bonnes manières, parlant calmement, poli et doué ». « Durant cette période de cours, Abdulmutallab n'a jamais causé de problèmes à ses professeurs », a affirmé Malcolm Grant.

Comparution reportée

La première comparution d'Umar Farouk Abdulmutallab, qui devait avoir lieu lundi après-midi, a été annulée. Les autorités américaines souhaitaient obtenir l'autorisation de prélever son ADN. Aucune explication n'a été fournie sur les raisons du report.

Le jeune Nigérian, qui est détenu au Michigan, est accusé de « tentative de destruction d'avion » après avoir essayé en vain de mettre à feu à des explosifs alors que l'avion approchait de Détroit.

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