Un militant de l'opposition à Téhéran
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AFP/Amir Sadeghi
Au moins huit personnes ont été tuées dans les manifestations de l'opposition qui ont eu lieu dimanche à Téhéran et dans plusieurs grandes villes du pays (Qom, Shiraz, Ispahan, Najafabad, Mashhad et Babol). C'est ce qu'affirme la chaîne en anglais de la télévision d'État Press-TV, citant le Conseil suprême de sécurité nationale (SNSC).
Les autorités iraniennes reconnaissent la mort de huit personnes lors des manifestations de l'opposition qui ont eu lieu dimanche, mais récusent toute responsabilité.
De son côté, la police iranienne a annoncé que les « décès suspects » faisaient l'objet d'enquêtes et a rejeté toute responsabilité, affirmant que les forces de l'ordre n'utilisaient pas d'armes à feu.
Auparavant, l'opposition avait recensé cinq morts à Téhéran, dont quatre tués par balle.
Parmi les victimes figure l'un des neveux de Mir Hossein Moussavi, rival malheureux du président Ahmadinejad à la présidentielle du 12 juin dernier et devenu depuis une des figures de l'opposition.
Personnalités de l'opposition arrêtées
Deux proches de l'ancien président Mohammad Khatami, Morteza Haji, ancien ministre et directeur général de la fondation Baran de M. Khatami, et son adjoint Hassan Rassouli, ont été arrêtés ainsi que trois des principaux conseillers de M. Moussavi, Ali Reza Beheshti, Ghorban Behzadian-Nejad et Mohammad Bagherian.
Le journaliste et défenseur des droits de l'homme Emadeddin Baghi figure aussi parmi les personnes arrêtées.
L'ancien ministre des Affaires étrangères Ibrahim Yazdi, 78 ans, chef du Mouvement de libération de l'Iran (MLI) et figure de l'opposition libérale, a également été arrêté.
Au total, une dizaine de personnalités de l'opposition se retrouvent derrière les barreaux.
Par ailleurs, l'ancien président du Parlement et candidat aux dernières élections présidentielles, Mehdi Karoubi, a dénoncé un pouvoir qui « envoie un groupe sauvage pour réprimer les gens ». Il a été attaqué plus tard par « des voyous », selon le site de son parti Sahamnews.org qui n'a pas précisé s'il avait été blessé.
Un militant de l'opposition à Téhéran devant des motos de la police en feu.
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AFP/Amir Sadeghi
L'ayatollah Ali Mohammad Dastgheib, un membre de l'Assemblée des experts chargée de choisir le guide suprême et de superviser son action, a appelé à la libération des manifestants. Il a aussi exhorté les autorités à arrêter les meurtriers du neveu de M. Moussavi et des autres personnes.
Radicalisation des partisans du pouvoir
Des partisans du pouvoir ont appelé à frapper directement les chefs de l'opposition.
« Le moment est venu de convoquer devant la justice les chefs du mouvement hypocrite et de la conspiration, notamment [Mir Hussein] Moussavi », a déclaré le chef de la Commission de la justice du Parlement, l'hodjatoleslam Ali Shahrokhi.
L'ayatollah conservateur Ahmad Khatami, imam de la prière du vendredi à Téhéran, a appelé la justice à cesser de « faire preuve de tolérance à l'égard des chefs de la conspiration », vocable désignant l'opposition.
Les Gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime, et la milice islamique Bassidj ont affirmé eux être « totalement prêts, si nécessaire, à éradiquer le complot », selon un communiqué diffusé sur le site de la télévision d'État.