Le leader de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid, a pris la parole jeudi après l'adoption du projet de loi sur la réforme du système de santé.
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Le Sénat américain a adopté jeudi matin par 60 voix contre 39 le projet de réforme du système de santé défendu par le président Barack Obama.
Les sénateurs américains adoptent le projet de réforme du système de santé défendu par le président Barack Obama. Ce projet doit maintenant être harmonisé avec le projet de la Chambre des représentants.
Tous les sénateurs démocrates et les deux indépendants ont voté en faveur du projet de loi, tandis que tous les sénateurs républicains ont voté contre. À cette étape, l'appui d'une majorité simple des 100 élus au Sénat était requis.
Les démocrates franchissent ainsi une étape de l'importante modification du système de santé américain qui permettra à plus de 30 millions de personnes de plus d'être couvertes par une assurance maladie, portant à 94 % la proportion des Américains couverts par une assurance maladie.
Le président Obama a qualifié d'« historique » le vote du Sénat, ajoutant que ce texte de loi « nous rapproche de la fin d'une bataille de près d'un siècle pour réformer le système de santé américain ».
Le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, a soutenu mardi que l'adoption du projet de loi était inévitable. « Il ne s'agit plus de savoir s'il va passer, mais quand. »
Mais les élus républicains restent hostiles à cette réforme. Ils estiment qu'elle augmentera les primes d'assurance, mettra en danger l'assurance maladie des personnes âgées (Medicare) et coûtera trop cher à l'État fédéral.
Depuis le début de la semaine, les républicains ont tenté sans succès de retarder le vote.
Mercredi, le Sénat américain s'est prononcé à 60 voix contre 39 lors du troisième et ultime vote de procédure visant à empêcher le Parti républicain de se livrer à des pratiques obstructionnistes susceptibles d'empêcher l'adoption du projet de loi sur la réforme du système de santé.
Le parti du président Obama avait déjà obtenu l'appui de 60 sénateurs (58 démocrates et deux indépendants) lors des deux premiers votes de procédure tenus ces derniers jours.
Le défi de la fusion
Le président Obama, en conférence de presse à la Maison-Blanche, mardi.
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PC/AP/Jewel Samad
Malgré l'adoption du projet de loi, le président Obama, qui a fait de cette réforme la pierre angulaire de sa politique intérieure, n'est pas au bout de ses peines. Le projet de loi du Sénat doit maintenant être fusionné avec celui que la Chambre des représentants a adopté le 7 novembre.
Cette fusion donnera lieu à d'autres négociations et les points de friction pourraient être nombreux. Contrairement au projet de loi du Sénat, celui issu de la Chambre des représentants prévoit la création d'un régime public d'assurance géré par le gouvernement américain. Les moyens de financer la réforme, dont les coûts sont évalués à 1000 milliards de dollars en 10 ans, diffèrent aussi.
La présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, a déjà dit espérer que le projet de loi soit envoyé au président Obama pour promulgation avant son discours sur « l'état de l'Union » qui doit avoir lieu fin janvier.
Selon le bureau du Budget du Congrès (CBO), le projet de loi réduirait le déficit américain de 132 milliards de dollars sur 10 ans, notamment en réalisant des économies sur des dispositifs tels que le Medicare.
Selon un sondage de l'Université Quinnipiac publié mardi, 53 % des Américains désapprouvent la réforme de la couverture maladie et 56 % des Américains désapprouvent également la manière dont le président mène la réforme. Ce sondage a été réalisé du 15 au 20 décembre auprès de 1616 personnes inscrites sur les listes électorales, avec une marge d'erreur de plus ou moins 2,4 points.