![]() États-Unis Pour une régulation des GESMise à jour le mardi 8 décembre 2009 à 10 h 34
Le président américain Barack Obama ne pouvait espérer un tel appui au premier jour du sommet de Copenhague: l'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) considère désormais les émissions de gaz à effet de serre (GES), dont le CO2, comme une menace pour la santé publique. La directrice de l'EPA, Lisa Jackson, a indiqué en conférence de presse, lundi, que son agence était « désormais autorisée et contrainte de faire des efforts raisonnables » pour limiter les émissions de GES. Cet important avis ouvre en effet la voie, pour la première fois, à une régulation de ces émissions polluantes sans emprunter le chemin tortueux du Congrès, divisé sur la question. Ces conclusions attendues de longue date scellent la place de 2009 dans l'histoire comme l'année où le gouvernement des États-Unis a commencé à s'atteler au défi des émissions polluantes liées aux gaz à effet de serre. — Lisa Jackson, directrice de l'EPA Nul doute que cette annonce sera applaudie à Copenhague, où s'ouvrait lundi, sous l'égide de l'ONU, la conférence internationale sur la lutte contre le réchauffement climatique. Cette décision est toutefois de nature à contrarier les milieux industriels américains, qui peinent à sortir d'une récession qui a fragilisé l'économie et le marché d'emploi américains. L'EPA a d'ailleurs indiqué que cet avis constituait une « précondition à la conclusion » de ses propres normes sur les émissions de GES des véhicules utilitaires légers. Six GES, une menaceLa décision de l'EPA s'applique à six gaz à effet de serre que les scientifiques estiment être des facteurs de réchauffement climatique: le dioxyde de carbone, le méthane, l'oxyde nitrique, l'hydrofluorocarbure, le perfluorocarbure et l'hexafluorure de soufre.
Le secrétaire américain à l'Énergie, Steven Chu, est plutôt rassurant, estimant que cet avis sera, à terme, bénéfique à l'industrie américaine. « Nous vivrons dans un monde coopératif limitant l'émission de carbone. Et les États-Unis peuvent jouer un rôle de leader dans la création de technologies nouvelles permettant de produire de l'énergie en n'émettant que peu de carbone », a-t-il dit. L'annonce de l'EPA risque fort bien de s'inviter dans les discussions qu'aura, mercredi, Barack Obama avec un groupe d'entrepreneurs et d'écologistes en prévision des négociations de Copenhague. Le président américain a annoncé le 25 novembre dernier un objectif chiffré de réduction des émissions de GES de 17 % d'ici à 2020 par rapport à 2005. L'avis de l'EPA est susceptible de conforter les intentions écologistes de Barack Obama, qui sont cependant contrariées par la résistance des républicains. Ces derniers ont déjà fustigé la position de l'EPA fondée, selon eux, sur « des études scientifiques partisanes et des données totalement biaisées », comme l'écrivait le sénateur du Wyoming, John Barrasso. M. Obama se rendra mercredi en Norvège pour y recevoir son prix Nobel de la paix, avant de revenir à Copenhague la semaine prochaine pour la clôture du sommet sur les changements climatiques. La Maison-Blanche contre le Climategate La Maison-Blanche a qualifié lundi d'« imbécile » ce que certains appellent désormais le Climategate, en référence au scandale du Watergate. Ce faisant, l'administration Obama tente de discréditer les informations selon lesquelles des preuves scientifiques du réchauffement climatique ont été compromises par des courriels piratés de collaborateurs du prestigieux centre britannique de recherches sur le climat (CRU). Ces chercheurs sont soupçonnés de manipuler les données sur le climat afin d'appuyer la thèse qui impute le réchauffement climatique à l'activité humaine. L'affaire est telle que le directeur du CRU, le professeur Phil Jones, a dû abandonner temporairement son poste, le temps d'une enquête indépendante lancée par l'université. L'un de ses courriels évoquerait une « ruse » pour manipuler les relevés de température afin de « dissimuler une baisse ».
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192 pays sont réunis à Copenhague pour mettre au point un accord qui limitera les émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. Fil international en continuMis à jour il y a 13 minutesCorrespondants à l'étranger
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