![]() En attendant le discours d'ObamaMise à jour le mardi 1 décembre 2009 à 18 h 35
C'est depuis la prestigieuse académie militaire de West Point, dans l'État de New York, que le président américain Barack Obama annoncera, mercredi soir, à 20 h (HNE), quelle stratégie il entend appliquer pour vaincre les insurgés afghans et remporter la guerre en Afghanistan. Le discours télévisé du Prix Nobel de la paix mettra un terme à des semaines de spéculations qui ont mis en lumière les déchirements qui tiraillent l'administration américaine en ce qui concerne le chemin à suivre pour redresser la situation. Selon plusieurs sources, le président Obama annoncera l'envoi d'environ 30 000 soldats supplémentaires dans le pays d'ici six mois, soit une augmentation de près de 50 % par rapport au nombre de militaires déjà déployés. Cette augmentation du nombre de troupes sera vraisemblablement associée à une feuille de route qui précisera les objectifs que l'Afghanistan devra atteindre avant que les États-Unis n'acceptent de retirer leur armée du pays. Selon un responsable gouvernemental, la stratégie d'envoi de troupes supplémentaires coûterait entre 25 et 30 milliards de dollars américains pour l'exercice budgétaire 2010 seulement. « Il pourrait y avoir des dépenses supplémentaires associées, par exemple, à la composante diplomatique et civile de la stratégie", a-t-il indiqué. Il a ajouté que « des évaluations plus précises [seraient] faites dans les deux semaines à venir. Pas de date de retrait, mais l'exigence de « progrès sensibles » Tout au long de la journée, certaines informations relatives à la nouvelle stratégie américaine ont filtré au compte-gouttes. En après-midi, la Maison-Blanche a indiqué par voie de communiqué la teneur de la discussion d'une heure, que le président Obama a eue la veille avec son homologue afghan, Hamid Karzaï. M. Obama a souligné « que les efforts américains et internationaux en Afghanistan n'étaient pas illimités et que leur portée devrait être évaluée sur la base de progrès sensibles et tangibles dans les 18 à 24 mois à venir ». Toujours selon le communiqué, les deux dirigeants ont également parlé de la position à adopter pour éviter que l'Afghanistan ne devienne « un sanctuaire pour terroristes » et de la lutte contre la corruption. Hamid Karzaï a été fraîchement reconduit dans ses fonctions au terme d'un processus électoral laborieux, et dont le résultat a ébranlé une légitimité déjà mise à mal. Par ailleurs, un haut responsable de la Maison-Blanche a révélé plus tôt dans la journée, sous couvert de l'anonymat, que le président Obama ne donnera pas la date de la fin de l'engagement américain en Afghanistan. D'après la même source, M. Obama fournira une date à laquelle la responsabilité de la sécurité commencera à être transférée aux forces afghanes. Toutefois, aucune indication ne sera donnée quant au temps qu'il faudra pour achever le transfert. Cela dépendra des conditions sur le terrain, a ajouté ce responsable. Une autre source de l'administration Obama a de son côté annoncé que le président Obama annoncera le début du retrait des soldats américains d'Afghanistan « bien avant » la fin de son mandat en 2013. Des milliards à trouver À quelques heures de l'annonce pressentie, des élus du Congrès américain se sont par ailleurs prononcés pour l'émission d'emprunts de guerre visant à financer les renforts en Afghanistan. « Il vaut mieux emprunter à nous-mêmes que d'emprunter à la Chine », a estimé le sénateur démocrate du Nebraska Ben Nelson. La semaine dernière, des représentants démocrates avaient de leur côté déposé un projet de loi visant à créer une taxe supplémentaire sur l'effort de guerre, appelée « Loi de partage du sacrifice ». Les républicains se sont farouchement opposés à cette proposition. Informer et convaincre les alliés Après avoir informé les membres de son administration de sa décision dimanche, le président Obama a entrepris de prévenir quelques chefs d'État étrangers, lundi. Il a notamment appelé le premier ministre britannique Gordon Brown et le président français Nicolas Sarkozy. Selon la Maison-Blanche, le premier ministre canadien Stephen Harper a reçu pour sa part un appel du vice-président, Joe Biden. Le bureau du premier ministre dit ne pas accorder d'importance à ce fait. Il soutient que MM. Harper et Obama ont discuté du sujet lors du sommet de l'APEC. Nouveau rôle pour l'armée canadienneLe directeur des opérations du commandement sud de l'OTAN en Afghanistan, le brigadier général Frederick Hodges, soutient que la zone de responsabilité des Forces canadiennes en Afghanistan deviendra le district d'Arghandab, au nord de la ville de Kandahar. (Notre nouvelle à ce sujet) Le président américain devait également prévenir ses homologues russe et chinois, ainsi que le président du Pakistan, dont les troupes se battent elles aussi contre des talibans dans le nord du pays, près de la frontière avec l'Afghanistan. Avec cet engagement renouvelé envers l'Afghanistan, l'administration Obama espère convaincre ses alliés de l'OTAN, notamment les Français, les Allemands et les Italiens, de déployer plus de soldats en Afghanistan. En mars dernier, le président avait indiqué qu'il poursuivait un but clair dans la région: « déranger, démanteler et détruire Al-Qaïda au Pakistan et en Afghanistan, et empêcher leur retour dans l'un ou l'autre de ces pays à l'avenir. » Il s'était gardé de lier le retrait des troupes américaines à d'autres considérations, comme l'implantation de la démocratie ou l'amélioration des droits de la personne, et notamment ceux des femmes. Depuis le début de l'automne, le président Obama a réuni son conseil de guerre à neuf reprises pour discuter de la stratégie à adopter en Afghanistan. Les discussions se sont déroulées avec en toile de fond les élections afghanes controversées. Le commandant américain en Afghanistan, le général Stanley McChrystal, lui a présenté différentes options pour éviter un échec des forces américaines. Il a proposé des scénarios prévoyant le déploiement de 10 000 à 40 000 soldats de plus. Guerre impopulaire
La guerre en Afghanistan, qui vient d'entrer dans sa neuvième année, est le plus long conflit armé de l'histoire américaine, mais la lumière n'apparaît toujours pas au bout du tunnel. Au contraire, les insurgés ont déjà tué beaucoup plus de soldats étrangers en 2009 que pendant les années précédentes. Cette situation et le manque de progrès réalisé en Afghanistan expliquent en partie pourquoi le public américain s'impatiente. Selon le Pew Research Centre, 57 % des Américains croient que la guerre se déroule mal pour leur armée, une augmentation de 12 % par rapport au mois de janvier. Qui plus est, pas moins de 40 % des répondants croient que le nombre de soldats en Afghanistan devrait y être réduit, contre 32 % seulement qui croient que le président Obama devrait y envoyer plus d'effectifs. Actuellement, l'armée américaine compte 68 000 soldats en Afghanistan, contre environ 35 000 lorsque le président Obama a pris le pouvoir, il y a un peu plus de 10 mois. L'effectif américain compte pour les deux tiers des troupes étrangères dans le pays et les alliés de l'OTAN montrent peu d'empressement à y dépêcher davantage de soldats. L'annonce du président américain ne manquera pas d'une certaine ironie. Lors de la campagne présidentielle, l'an dernier, Barack Obama refusait obstinément d'admettre que le déploiement de troupes supplémentaires en Irak avait contribué à calmer le jeu, ce qui lui valait des attaques de la part de républicains. Il se retrouve aujourd'hui en position d'annoncer une stratégie en tout point similaire. Radio-Canada.ca avec Presse canadienne, Agence France Presse et Reuters
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Afghanistan: des Américains en renfort
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30 000 soldats américains seraient envoyés pour contrer les talibans.
Hugues Poulin résume le contexte dans lequel Barack Obama a élaboré sa stratégie afghane.
Marie-Paul Rouleau donne un avant-goût de la stratégie afghane que le président Obama annoncera mardi soir.
Pierre Maisonneuve en discute avec Frédérick Gagnon, directeur de l'Observatoire sur les États-Unis (chaire Raoul-Dandurand/UQAM
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