27 novembre 2009
![]() Honduras Porifio Lobo en têteMise à jour le dimanche 29 novembre 2009 à 23 h 36
Au Honduras, le candidat d'opposition Porifio Lobo est largement en tête du scrutin présidentiel de dimanche avec 55,9 % des voix, selon les premiers résultats officiels du Tribunal suprême électoral basés sur plus de 60 % des bulletins de vote dépouillés. Il marque ainsi une nette avance sur son principal adversaire, le candidat du Parti libéral (droite), Elvin Santos. Cinq mois après l'éviction du pouvoir de Manuel Zelaya, les Honduriens étaient convoqués dimanche pour élire un nouveau président. Le dirigeant déchu, réfugié à l'ambassade brésilienne depuis plus de deux mois, a déclaré l'élection illégitime et appelé à son boycottage. Ni Manuel Zelaya, ni son successeur de facto Roberto Micheletti, installé à la présidence par le Congrès avec l'appui de l'armée après le coup d'État du 28 juin, ne sont candidats. Scrutin sous haute surveillance Très controversé, ce scrutin s'est déroulé sous haute surveillance. Quelque 30 000 militaires ont été déployés pour assurer la sécurité. La majorité des pays latino-américains, dont le Venezuela, l'Argentine et le Brésil, ont déjà annoncé qu'ils ne reconnaîtraient pas le gouvernement qui sera élu. Ce serait, selon eux, légitimer un coup d'État. La présidentielle est toutefois appuyée par les États-Unis et le Costa Rica, qui avaient pourtant participé aux efforts de médiation visant à remettre Zelaya au pouvoir. Ils ont fait savoir qu'ils reconnaîtraient l'issue de ce scrutin si tout se déroule bien. Le Pérou, le Panama et la Colombie devraient faire de même. Ces pays font valoir que l'élection n'a pas été organisée par les putschistes, mais qu'elle avait été appelée par Manuel Zelaya un mois avant son expulsion du pays par les militaires. Ils défendent aussi le fait que le président Zelaya a été destitué par l'armée parce qu'il violait la Constitution en tentant de se maintenir au pouvoir. Un pays divisé
Le gouvernement provisoire et les institutions du pays ont incité la population à voter massivement, estimant que cette élection est la seule issue à la crise. Rappelons que les États-Unis et l'Union européenne ont suspendu leur aide au Honduras après le coup d'État, ce qui fait mal au plus pauvre pays d'Amérique latine. Les partisans de Zelaya ont de leur côté appelé au boycottage des urnes. Ils ont fait valoir que les putschistes les ont empêchés de mener leur campagne en emprisonnant des manifestants et en fermant des stations de radio et des chaînes de télévision d'opposition. La population craignait aussi des actes de violence. Ces derniers jours, des bombes artisanales ont visé des organes de presse et des bureaux de vote. L'ONU et l'Organisation des États américains ont refusé d'envoyer des observateurs suivre le déroulement du scrutin. Sortie de crise? Porfirio Lobo, défait en 2005 par Manuel Zelaya, s'est engagé à inclure le président déchu dans un processus de réconciliation nationale. Zelaya, poursuivi pour n'avoir pas suivi un arrêt de la Cour suprême interdisant son référendum sur la modification constitutionnelle, serait alors autorisé à quitter l'ambassade brésilienne sans craindre d'être arrêté. Aussi, le Congrès (128 députés) doit se prononcer le 2 décembre sur son retour au pouvoir jusqu'à la fin de son mandat, le 27 janvier. Cela semble peu probable puisque M. Zelaya ne dispose du soutien que de 26 députés de sa formation en raison du coup de barre à gauche qu'il a donné à son gouvernement en 2008. Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press et Reuters Fil international en continuMis à jour il y aÀ ne pas manquer
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