Le Rwanda, 54e État membre

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Sommet du Commonwealth à Trinité-et-Tobago Sommet du Commonwealth à Trinité-et-Tobago  Photo :  AFP/Frederic Dubray

Le Rwanda a été officiellement admis au sein du Commonwealth. La décision a été prise au sommet de l'organisation qui se tenait en fin de semaine à Trinidad-et-Tobago, dans les Caraïbes.

Le Rwanda est officiellement admis au sein du Commonwealth et devient ainsi le premier pays francophone à faire partie de cette organisation. Kigali annonce le même jour son intention de rétablir ses liens diplomatiques avec la France.

Il s'agit du premier pays francophone à se joindre au Commonwealth et le deuxième, après le Mozambique, à n'avoir jamais fait partie des colonies britanniques.

Cette adhésion, sollicitée par le gouvernement de Paul Kagame en 2008, s'inscrit clairement dans sa volonté de se distancer du monde francophone pour se rapprocher du bloc anglophone, selon certains experts.

Le Rwanda avait déjà adhéré en 2007 à l'East African Community, une association économique jusqu'alors limitée aux trois pays anglophones d'Afrique de l'Est, soir le Kenya, l'Ouganda et la Tanzanie.

Réconcialition en vue

Le même jour, le Rwanda et la France annoncent avoir convenu de rétablir leurs relations diplomatiques. Les deux pays étaient en froid depuis 2006, après qu'un magistrat français eut accusé le président Kagame et plusieurs responsables rwandais d'avoir commandité en 1994 l'attentat contre l'avion du président Juvenal Habyarimana. Cet assassinat est considéré comme l'élément déclencheur du génocide rwandais.

Depuis, l'anglais a été introduit comme troisième langue du pays après le français et le kinyarwanda et a même supplanté le français comme langue d'enseignement l'an dernier.

Certains mécontents

Par ailleurs, l'adhésion du Rwanda au Commonwealth est dénoncée par certains groupes de défense des droits de la personne, qui accusent le gouvernement rwandais de restreindre les libertés fondamentales.

En juillet dernier, l'ONG Commonwealth Human Rights Initiative affirmait dans un rapport que l'adhésion du Rwanda était une mauvaise idée. Le groupe faisait valoir notamment que, malgré une relative stabilité depuis le génocide de 1994, Kigali est intervenu illégalement à plusieurs reprises chez son voisin, la République démocratique du Congo.

Plusieurs membres du Commonwealth, dont le Canada, ont approuvé l'entrée du Rwanda, soutenant que cela pourra aider le pays à renforcer ses institutions démocratiques. D'ailleurs, Londres s'est réjoui de la nouvelle dimanche, affirmant que Kigali avait fait d'énormes progrès pour se rapprocher des valeurs de l'organisation.

« Il faudra juger à la pièce, nous verrons si d'ici un an le gouvernement rwandais aura adopté une loi sur la liberté de l'information et s'il autorisera la présence d'une opposition aux prochaines élections », a réagi Maja Daruwala, directeur de l'ONG Commonwealth Human Rights Initiative.

Le Rwanda tiendra ses deuxièmes élections depuis le génocide en août prochain.

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