![]() Nucléaire iranien L'AIEA hausse le tonMise à jour le vendredi 27 novembre 2009 à 19 h 03
Le conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a condamné vendredi l'Iran pour la poursuite de son programme d'enrichissement d'uranium. L'AIEA demande à la République islamique de « suspendre » immédiatement la construction de son second site d'enrichissement, soit celui de Fordo, situé non loin de Qom, ville sainte de l'Islam chiite, à environ 150 kilomètres au sud-ouest de Téhéran. L'existence de ce site a été révélée en septembre. L'agence onusienne demande aussi à l'Iran des informations sur les objectifs du site et sur son calendrier de construction. Téhéran est également sommé de confirmer qu'il n'a ni construit ni autorisé la construction d'autres installations nucléaires que celles déjà connues. La résolution est significative puisqu'il s'agit de la première à être adoptée à l'encontre de Téhéran depuis février 2006. Qui plus est, elle a obtenu l'appui de la Russie et de la Chine, les deux pays qui se sont opposés par le passé à la volonté des pays occidentaux, États-Unis en tête, d'imposer des sanctions au régime iranien. Sur les 35 pays membres du conseil des gouverneurs, 25 ont voté en faveur de la résolution. Le Venezuela, la Malaisie et Cuba ont voté contre, tandis que l'Afrique du Sud, le Brésil, l'Égypte, le Pakistan, la Turquie et l'Afghanistan se sont abstenus. Le représentant de l'Azerbaïdjan était absent. La résolution sera maintenant expédiée au Conseil de sécurité de l'ONU, qui pourrait avoir à se prononcer sur une quatrième ronde de sanctions demandée par les pays occidentaux. L'appui de Moscou et de Pékin à une résolution onusienne en ce sens reste incertain, malgré leur appui à la résolution de l'AIEA. L'ambassadeur iranien à l'AIEA, Ali Asghar Soltanieh, a réagi à l'annonce en dénonçant « une remise en cause d'un processus constructif ». Jeudi, il avait avancé que Téhéran pourrait réduire sa coopération avec l'AIEA au « strict minimum » si la résolution était approuvée. « Le temps est un facteur essentiel », a-t-il affirmé après que la résolution eut été adoptée. « Si nous n'avons pas de réponse positive à notre demande d'enrichissement d'uranium, nous ne pouvons attendre plus longtemps et donc nous devons examiner d'autres options ». Réactions attentistes À Washington, la Maison-Blanche a réagi à la nouvelle avec des propos déjà tenus maintes fois. Elle soutient que la patience des États-Unis et de la communauté internationale a « des limites », et que Téhéran « sera responsable de son isolement croissant et des conséquences qui suivront » s'il continue de refuser à coopérer. Le ministère russe des Affaires étrangères a pour sa part publié un communiqué dans lequel il invite Téhéran à « réagir avec tout le sérieux nécessaire à cette résolution [...] et à coopérer pleinement avec l'agence ». À Téhéran, un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Ramin Mehmanparast, a jugé que la décision de l'AIEA constitue « une décision théâtrale visant à faire pression sur l'Iran ». Cette attitude, a-t-il poursuivi, est inutile. « Nous ne jugeons pas nécessaire de remplir pleinement nos engagements vis-à-vis de l'Agence si les droits élémentaires de l'Iran en tant que membre du Traité de non-prolifération ne sont pas respectés », a-t-il dit. Le premier ministre britannique Gordon Brown a pour sa part déclaré que les Iraniens « doivent accepter les offres qui ont été avancées pour leur fournir du combustible avec notre soutien, mais ils doivent renoncer aux armes nucléaires ». La France dit de son côté s'attendre à des « gestes concrets ». Le ministère israélien des Affaires étrangères estime pour sa part que la décision de l'AIEA démontre que la communauté internationale a conclu que le programme nucléaire iranien constitue « une menace significative et urgente ». Tel-Aviv demande aux grandes puissances d'établir une date-butoir pour que Téhéran se conforme aux demandes de la communauté internationale et qu'il fasse l'objet d'importantes sanctions. Tentative d'entente avortée Plus tôt cet automne, les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Allemagne - le groupe 5+1 - ont tenté sans succès de conclure un accord avec le régime iranien pour éviter une nouvelle série de possibles sanctions. Peu après que les discussions entre les deux parties eurent repris, le 1er octobre, l'AIEA a élaboré un projet d'accord qui prévoyait que l'Iran allait envoyer de l'uranium faiblement enrichi en Russie, qui l'aurait enrichi davantage. Cet uranium aurait ensuite été expédié en France pour y être transformé en barres de combustible destinées au réacteur de recherche de Téhéran. L'Iran aurait pu l'utiliser pour produire des isotopes médicaux. Ce projet d'accord est toutefois tombé a l'eau lorsque le ministre iranien des Affaires étrangères a annoncé que Téhéran refuse que son uranium faiblement enrichi soit envoyé à l'extérieur du produit. Le litige entre les pays occidentaux et l'Iran dure depuis plusieurs années déjà. Les chancelleries occidentales, et notamment les États-Unis, soupçonnent la République islamique de vouloir développer à terme l'arme nucléaire. L'Iran maintient qu'il veut développer une filière nucléaire destinée à un usage exclusivement civil. Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press et Reuters
En profondeur
Production et enrichissement de l'uranium
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L'enrichissement de l'uranium permet de produire aussi bien du combustible nucléaire que la charge fissile d'une bombe atomique. Uranium: de l'extraction à l'utilisationLes étapes qui mènent à la fabrication d'armes nucléaires ou à la production d'électricité Armes nucléaires: un état des lieux (AFP)Carte des puissances nucléaires dans le monde et informations sur le traité de non-prolifération
L'Agence de l'énergie atomique condamne l'Iran pour son programme nucléaire, explique Jean Bédard.
Téléjournal: Luc Chartrand rapporte que la menace nucléaire iranienne inquiète particulièrement Israël.
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L'AIEA et l'Iran (en anglais)
Site officiel de l'AIEA Console Audio-vidéo
Carte interactiveÀ ne pas manquer![]() ![]() Manon Globensky Selon certains experts, la production d'uranium enrichi à 20 % est un premier pas vers l'arme atomique.Coup d'oeil sur l'actualité internationaleAvec Denis Couture
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