Logo Radio-Canada
International

Afghanistan
Le refus du mollah Omar

Mise à jour le mercredi 25 novembre 2009 à 14 h 53

Le président afghan Hamid Karzai

Photo: AFP/Shah Marai

Le président afghan Hamid Karzai

Quelques jours après l'invitation lancée par le président Hamid Karzai à participer au processus politique, le chef suprême des talibans, le mollah Omar, répond par la négative.

Le président Karzaï avait appelé les talibans au dialogue lors de son discours d'investiture, promettant la tenue d'une « loya jirga », assemblée tribale traditionnelle, pour ramener la paix dans le pays.

« Les envahisseurs ne veulent pas de négociations destinées à garantir l'indépendance de l'Afghanistan et la fin de leur invasion, mais seulement prolonger leur occupation diabolique », a affirmé le mollah Omar, qui se présente comme le « commandeur des croyants » et le chef de « l'Émirat islamique en Afghanistan », dans son message diffusé par les talibans aux médias.

Il a qualifié une nouvelle fois le régime de Kaboul de « marionnette » et de « laquais » des Américains.

Il a aussi félicité les Afghans pour avoir mis en échec « la farce américaine en refusant de participer à l'élection présidentielle ».

Le scrutin du 20 août a été marqué par plus de 60 % d'abstention et des fraudes massives en faveur du sortant Karzaï.

Le chef des talibans a aussi appelé les moudjahidines (combattants de la foi) à se soucier davantage de protéger la population lors des attentats-suicides.

« Concentrez-vous sur les envahisseurs et leurs laquais. Il en va de la responsabilité de chaque musulman d'éviter des pertes parmi les civils. La charia (loi islamique) ne permet pas le meurtre de civils », a-t-il souligné.

Le mollah Omar s'est adressé aux populations des pays européens qui ont déployé des soldats en Afghanistan.

« Chaque jour, nos enfants, nos vieillards et nos femmes sont martyrisés par vos bombardements [...]. Lutter contre ces atrocités est un droit légitime », a-t-il conclu.

Des négociations secrètes

Depuis deux ans, des négociations se tiendraient sous l'égide de l'Arabie saoudite entre des représentants du gouvernement afghan et des anciens responsables du régime des talibans (1996-2001), mais le mollah Omar a toujours affirmé que ces derniers ne représentaient plus le mouvement.

En fuite depuis 2001, le mollah Omar, 50 ans, est le chef des milices islamistes qui ont dirigé l'Afghanistan de septembre 1996 à novembre 2001 en y faisant appliquer la loi islamique.

Obama: la réponse mardi

Par ailleurs, le porte-parole du président américain Barack Obama, Robert Gibbs, a indiqué que celui-ci annoncerait mardi 1er décembre dans un discours à la nation sa stratégie afghane. C'est à partir de l'école militaire de West Point, dans l'État de New York, que le président prendra la parole, dès 20 h.

Selon M. Gibbs, dans son allocution à venir, Barack Obama insistera sur le fait que la mission américaine en Afghanistan ne durera pas éternellement. Sans s'avancer sur l'envoi de troupes supplémentaires ou non, M. Gibbs a toutefois ajouté que le coût important de la guerre en Afghanistan a influé sur la décision du président américain.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Reuters

Correspondants à l'étranger

1 3 5

À ne pas manquer

1 2 3

En profondeur