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Que faire des travailleurs illégaux?

Mise à jour le lundi 23 novembre 2009 à 11 h 04

Éric Besson, le ministre français de l'Immigration

Photo: AFP/Patrick Kovarik

Éric Besson, le ministre français de l'Immigration

La France est lancée dans un nouveau débat sur les travailleurs immigrants illégaux.

Le gouvernement envisage de durcir des sanctions contre les entreprises employant des travailleurs illégaux.

« S'il est avéré que l'activité de l'entreprise est construite autour du travail illégal ou de l'emploi de travailleurs étrangers sans titre de travail, on pourra fermer administrativement cette entreprise », a déclaré le ministre du Travail, Xavier Darcos.

Les secteurs les plus visés sont la restauration, le bâtiment et le nettoyage.

Pour Jean-François Roubaud, président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME), « une entreprise qui, sciemment, emploie des sans-papiers à des tarifs, dans des conditions qui ne sont pas acceptables, il est normal qu'elle soit fermée: c'est totalement illicite et c'est de la concurrence déloyale ».

De son côté, le ministre de l'Immigration, Éric Besson, a dit qu'il déposerait prochainement un projet de loi en ce sens.

Ce projet de loi comprendrait « l'inéligibilité à tout appel d'offres public ou privé de toute entreprise qui aurait employé » des immigrants illégaux.

Selon M. Darcos, le coût du travail illégal en France « est estimé à 4 % du PIB (produit intérieur brut), soit l'équivalent de 94 milliards de dollars, l'équivalent du budget de l'Éducation nationale ».

Protestation

Depuis le 12 octobre, plus de 5000 travailleurs illégaux de 1800 entreprises, principalement en région parisienne, se sont mis en grève pour réclamer la régularisation de leur situation, selon le syndicat CGT, le plus important en France.

Les syndicats engagés dans ce mouvement doivent rencontrer le ministre du Travail jeudi.

La chef du Parti socialiste, Martine Aubry, a déclaré que son parti était favorable à une « large » régularisation des étrangers qui revendiquent actuellement des papiers.

Pour Olivier Besancenot, porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), le projet du gouvernement est saugrenu.

« Il faut être un peu sérieux: on va fermer quoi? Bouygues (Construction), la RATP (Métro et bus parisiens)? C'est une blague! », a-t-il déclaré. « La seule solution, c'est la régularisation des sans-papiers », a-t-il affirmé.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Reuters

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