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Révélations sur une rencontre en haut lieu

Mise à jour le vendredi 20 novembre 2009 à 17 h 37

Asadullah Khalid

Photo: La Presse Canadienne /James McCarten

Asadullah Khalid

Alors que le gouvernement Harper martèle qu'il n'a jamais reçu d'informations crédibles relatives à de mauvais traitements infligés aux prisonniers afghans, de nouvelles révélations soulèvent d'autres questions dans ce dossier.

L'éventuelle implication de l'ex-gouverneur de la province de Kandahar, Asadullah Khalid, dans des actes de torture de prisonniers, a retenu l'attention de hauts fonctionnaires canadiens dès 2006, a révélé la Presse canadienne jeudi.

À l'issue de plusieurs mois de pressions de la part de représentants du ministère canadien des Affaires étrangères sur le terrain, des hauts fonctionnaires auraient tenu une rencontre sur le sujet en décembre au bureau du Conseil privé, le ministère du premier ministre.

Selon une source de la Presse canadienne, la conseillère en sécurité nationale de Stephen Harper, Margaret Bloodworth, y aurait pris part. Le dossier de l'ex-gouverneur de Kandahar n'a toutefois pas eu de suite. Des sources des ministères de la Défense nationale et des Affaires étrangères ont indiqué qu'aucune note sur la rencontre n'avait en outre été conservée.

Lors du témoignage qu'il a livré mercredi devant le comité parlementaire spécial sur l'Afghanistan, le diplomate Richard Colvin a évoqué le gouverneur de l'époque, disant notamment qu'il « affichait un très piètre bilan en matière de droits de la personne » et qu'il avait rapidement été porté à l'attention des Canadiens en poste.

Selon le diplomate, Asadullah Khalid aurait mis en place sous un de ses domiciles, à Kandahar, un cachot « où il aurait torturé personnellement des individus ». Avant d'être nommé à Kandahar, il aurait également dirigé une prison privée à Ghazni, dont il était gouverneur.

Selon les sources citées par la Presse canadienne, les diplomates sur place en Afghanistan réclamaient son départ, ce qu'a également affirmé Richard Colvin mercredi.

Des documents obtenus par la Presse canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information montrent que l'armée canadienne était initialement enthousiaste au sujet du gouverneur Khalid. Des rapports trimestriels d'évaluation de la mission canadienne indiquent toutefois que cet enthousiasme s'est tempéré au fil des mois, parce que le gouverneur Khalid était souvent à l'extérieur de la province, ce qui retardait d'importantes décisions politiques.

Notons qu'un rapport réalisé au début de 2008 par des diplomates canadiens en visite à Kandahar évoquait le cas d'un prisonnier afghan ayant affirmé avoir été battu par le gouverneur. Celui-ci avait nié les accusations contenues dans le rapport, présenté au gouvernement canadien. L'opposition avait par ailleurs accusé les conservateurs d'avoir minimisé et ignoré les informations contenues dans le document.

Un an et demi plus tard, libéraux, néo-démocrates et bloquistes accusent maintenant le gouvernement de tenter de discréditer le diplomate Colvin. Les conservateurs rétorquent qu'aucune preuve tangible n'accompagne son témoignage. Au lendemain de sa comparution, le gouvernement Harper a par ailleurs balayé du revers de la main la requête de l'opposition de tenir une enquête publique.

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