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International

Nucléaire iranien

Des inspections et des discussions

Mise à jour le jeudi 19 novembre 2009 à 11 h 09

Image satellite du site de Fordo

Photo: La Presse Canadienne /AP/GeoEye Satellite Image, IHS Jane's Analysis

Image satellite du site de Fordo

Des représentants du groupe 5 + 1, constitué des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine) et de l'Allemagne, se réuniront vendredi, à Bruxelles, pour déterminer quelle position adopter dans le dossier du nucléaire iranien.

Mercredi, le ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki a annoncé que la République islamique refuse de transférer à l'étranger son uranium enrichi à 3,5 %, comme le proposait un projet d'accord présenté par l'AIEA, et accepté par les États-Unis, la Russie et la France.

Le projet d'accord prévoyait que l'Iran allait envoyer une grande part de son uranium faiblement enrichi en Russie. Moscou devait l'enrichir davantage, avant de l'expédier en France, où il aurait été transformé en barres de combustible. Ces barres devaient être retournées en Iran, où elles auraient été utilisées par le réacteur de recherche de Téhéran pour produire des isotopes médicaux.

M. Mottaki a soulevé l'idée que l'échange ait lieu sur le territoire iranien et a déclaré que l'Iran voulait une nouvelle réunion technique avec les États-Unis, la Russie et la France, sous l'égide de l'AIEA. Cette position sème d'ores et déjà la bisbille parmi les membres du groupe 5 + 1.

Trop tôt pour des sanctions, selon Moscou

De passage à Séoul, à la fin de son périple en Asie, le président Obama a réagi à la nouvelle. « Au cours des prochaines semaines, nous allons étudier un ensemble de mesures possibles à mettre en oeuvre qui montreront à l'Iran notre détermination », a-t-il déclaré.

En France, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a jugé qu'il s'agissait d'une « réponse extrêmement négative ». Le ministre a dit vouloir poursuivre le dialogue avec Téhéran, mais le Quai d'Orsay a fait savoir jeudi qu'il rejette l'idée d'une nouvelle rencontre technique de l'AIEA.

En Russie, par contre, un porte-parole du ministère russe, Andreï Nesterenko, a toutefois jugé que les propos du ministre Mottaki rapportés par l'agence Isna ne constituait pas une réponse officielle à l'AIEA. Il est toujours possible, croit-il, de parvenir à un accord.

« La question n'est pas actuellement de préparer des sanctions supplémentaires à l'encontre de l'Iran au Conseil de sécurité de l'ONU. [...] Nous estimons que nous avons toutes les possibilités d'obtenir la mise en oeuvre des accords de Genève dans leur totalité », a-t-il poursuivi.

« Le directeur de l'AIEA Mohamed ElBaradei continue le travail pour concilier les aspects techniques de la réalisation de ce mécanisme », a poursuivi M. Nesterenko. « Il y a plusieurs propositions, dont l'exportation d'uranium faiblement enrichi iranien et sa "conservation responsable" dans un pays tiers, sous la surveillance de l'AIEA, jusqu'à la production du combustible. [...] Téhéran propose aussi différentes variantes. La partie iranienne a des inquiétudes et cherche des conditions acceptables pour elle. »

Deuxième visite à Fordo

Les inspecteurs de l'AIEA, lors de leur départ de Téhéran, après une visite au site de Fordo, le 25 octobre.

Photo: La Presse Canadienne /AP/Vahid Salemi

Les inspecteurs de l'AIEA, lors de leur départ de Téhéran, après une visite au site de Fordo, le 25 octobre.

La réunion de ce groupe dit 5 + 1 aura lieu au lendemain d'une seconde visite des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) au site d'enrichissement d'uranium de Fordo, situé non loin de Qom, à environ une centaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale iranienne, Téhéran.

Plus tôt cette semaine, l'AIEA a fait savoir que les explications fournies par l'Iran au sujet de son second site d'enrichissement d'uranium étaient insuffisantes. Téhéran, conclut-elle, doit fournir davantage d'explications sur « l'objectif de cette usine et la chronologie des plans et de sa construction ».

Selon les inspecteurs de l'Agence, le site, dont l'existence longtemps demeurée secrète a été révélée en septembre, pourrait accueillir près de 3000 centrifugeuses pour enrichir de l'uranium. Aucune d'entre elles ne s'y trouve pour l'instant, ont rapporté les inspecteurs. Le site, précisent-ils, doit être opérationnel en 2011.

« Désamorcer la crise »

Le projet d'accord de l'agence onusienne avait été présenté le 21 octobre par M. ElBaradei. Ce dernier y avait vu une « mesure destinée à bâtir la confiance très importante » et susceptible de « désamorcer une crise en cours depuis de nombreuses années ». Le projet d'entente avait été conclu trois semaines après que le groupe 5 + 1 eurent entrepris une nouvelle ronde de négociations avec l'Iran.

Le litige entre les pays occidentaux et l'Iran dure depuis plusieurs années déjà. Les chancelleries occidentales, et notamment les États-Unis, soupçonnent la République islamique de vouloir développer à terme l'arme nucléaire. L'Iran maintient qu'il veut développer une filière nucléaire destinée à un usage exclusivement civil.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Reuters

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