![]() Les résolutions de KarzaïMise à jour le jeudi 19 novembre 2009 à 18 h 47 Le président afghan Hamid Karzaï vient de prêter serment pour un second mandat de cinq ans. Il a d'entrée de jeu promis de lutter contre la corruption qui gangrène le pays et a annoncé la formation d'une loya jirga, une assemblée traditionnelle réunissant les principaux chefs tribaux du pays, dans le but d'instaurer la paix. Les forces de sécurité afghanes, a-t-il dit, doivent être en mesure d'assurer la sécurité dans cinq ans.
M. Karzai, âgé de 51 ans, a été officiellement investi par le président de la Cour suprême, dans son palais présidentiel, à Kaboul. La capitale afghane, qui a fait l'objet de plusieurs attaques des talibans au cours des derniers mois, a été bouclée pour l'occasion. Le président afghan a prêté serment devant quelque 800 invités, dont la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton, les ministres des Affaires étrangères britannique, français et canadiens, David Milliband, Bernard Kouchner et Lawrence Cannon, et le président pakistanais, Asif Ali Zardari. Aux premières loges se trouvaient également ses alliés pour cette seconde élection dans l'histoire du pays, dont Mohammad Qasim Fahim, un Tadjik assermenté à titre de vice-président. Ce dernier est montré du doigt par des organisations de défense des droits de l'homme pour son rôle présumé dans diverses exactions, à l'instar d'un autre nouvel allié du président Karzaï, le général Rachid Dostum, figure-clé de la communauté ouzbèke. Le président Karzaï a tout de même appelé deux de ses adversaires lors de la présidentielle, Abdullah Abdullah et Ashraf Ghazni, à se joindre à lui dans un objectif d'unité nationale. M. Abdullah, dont le désistement à quelques jours du second tour de scrutin a consacré Hamid Karzaï, a d'ores et déjà exclu de se joindre au gouvernement. « Je ne pense pas que le prochain gouvernement, fondé sur une élection dominée par les fraudes, puisse répondre aux demandes du peuple afghan », a déclaré Abdullah Abdullah sur la chaîne de télévision privée Tolo. L'élection de Hamid Karzaï a elle-même donné lieu à des fraudes massives. Au terme du premier tour de scrutin, un tiers des bulletins de votes enregistrés en faveur du président Karzaï ont finalement été annulés, un résultat qui a contribué à miner sa crédibilité tant sur la scène nationale que sur la scène internationale. Dans son discours d'investiture, Hamid Karzaï a dit « être déterminé à ce que les forces afghanes puissent assurer la sécurité et la stabilité dans le pays d'ici cinq ans ». Il s'agit d'un objectif pour le moins ambitieux, considérant la montée en puissance des talibans, particulièrement dans le sud du pays, et l'état actuel de l'armée et de la police afghanes. Le président afghan a déclaré que la corruption est « un dangereux ennemi de l'État » et il a promis que les fonctionnaires corrompus seraient jugés et condamnés. « Les ministres doivent être compétents, professionnels et au service de la nation. » Avant la cérémonie, Hillary Clinton n'avait pas manqué de maintenir la pression sur le président Karzaï, à qui elle demande la formation d'un gouvernement « qui rende des comptes ». « Nous leur demandons de mettre en oeuvre ce qu'ils ont dit auparavant, y compris la formation d'une unité gouvernementale anticorruption crédible. [...] Ils ont un peu travaillé là-dessus, mais de notre point de vue, c'est loin d'être assez pour démontrer leur sérieux dans la lutte contre la corruption ». Le gouvernement a annoncé la création d'une escouade anticorruption lundi. La crédibilité de l'administration Karzaï est un sujet de première importance à Washington, où le président Barack Obama doit annoncer au cours des prochains jours sa nouvelle stratégie dans le pays. Il pourrait y envoyer de 10 000 à 40 000 soldats supplémentaires. Attentats dans le sudAu moins 10 civils ont été tués et 13 autres blessés, jeudi, dans un attentat suicide dans le sud de l'Afghanistan. Le kamikaze a fait exploser la bombe qu'il portait sur lui à proximité d'un convoi de l'armée afghane, dans la province de l'Oruzgan. Cette attaque survient quelques heures après un attentat à la voiture piégée, qui a tué deux soldats américains des forces internationales, dans la province de Zaboul, également dans le sud. Les États-Unis ont déjà 68 000 soldats en Afghanistan, où ils mènent maintenant la plus longue guerre de leur histoire. En incluant les soldats de l'OTAN, plus de 100 000 militaires étrangers sont déployées dans le pays pour combattre les talibans. Radio-Canada.ca avec Associated Press, Agence France Presse et Reuters
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