L'entente cordiale

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press

Deux des hommes les plus puissants de la planète, le président américain Barack Obama et son homologue chinois Hu Jintao, ont eu un premier entretien privé de deux heures, mardi, dans le Grand Hall du Peuple, situé tout près de la place Tiananmen, à Pékin.

Au terme d'une rencontre de deux heures, le président américain Barack Obama et son homologue chinois Hu Jintao mettent l'accent sur ce qui unit les deux pays et gomment ce qui les sépare.

Les présidents Obama et Hu lors du banquet officiel. Les présidents Obama et Hu lors du banquet officiel.   © AFP/Mandel Ngan

Au terme de la rencontre, les deux hommes ont lu des déclarations officielles à la presse, dans lesquelles ils ont essentiellement mis l'accent sur ce qui unit les deux pays. Les points de discorde ont été mis de côté pour l'essentiel, du moins publiquement, et personne n'a eu l'occasion de les soulever, les journalistes n'étant pas autorisés à poser des questions.

« Je ne crois pas que le succès d'un pays doit se faire aux dépens de l'autre », a affirmé le président Obama, qui a fait valoir que les relations entre les deux pays « se situent au-delà d'un sujet » et qu'elles sont « positives et complètes ».

MM. Obama et Hu ont dit vouloir oeuvrer au succès de la conférence de Copenhague, censée déboucher, dans quelques semaines, sur un accord qui succédera au protocole de Kyoto. Le fait que la Chine ne doive pas atteindre des objectifs contraignants de réduction des gaz à effet de serre a toujours posé problème aux Américains, qui n'ont eux-mêmes jamais ratifié le protocole de Kyoto.

« Notre but [...] n'est pas un accord partiel ni une déclaration politique, mais plutôt un accord qui couvre toutes les questions dans les négociations et qui ait un effet immédiat », a déclaré le président Obama, qui a plaidé en faveur d'un accord qui « rassemble le monde ».

« Sans les efforts à la fois de la Chine et des États-Unis, les deux plus gros consommateurs et producteurs d'énergie, il ne peut y avoir de solutions. » — Barack Obama

Les deux pays se sont par ailleurs entendus pour coopérer en matière d'économie, ainsi que sur les dossiers nucléaires iranien et nord-coréen. Les deux hommes se sont toutefois gardés de dire avec précision ce qu'ils entendaient faire.

Le président américain a brièvement abordé la question du Tibet qui, a-t-il reconnu, « fait partie de la République populaire de Chine ». Il a exhorté le président Hu à une « reprise dès que possible du dialogue » avec le dalaï-lama. Le chef spirituel du peuple tibétain est considéré comme un dangereux séparatiste par Pékin.

Barack Obama a également ramené sur le tapis la question du yuan, la monnaie chinoise, que les États-Unis considèrent comme surévaluée. Il s'est réjoui de précédentes déclarations selon lesquelles elle adoptera un taux de change guidé par les lois du marché « en temps voulu ».

Au terme de cet entretien, le président américain a visité la Cité interdite, l'ancienne demeure des empereurs, qui avait été fermée aux touristes pour l'occasion. Il a ensuite assisté à un banquet d'État offert par Hu Jintao.

Barack Obama est le premier président américain à effectuer un voyage officiel dans l'Empire du Milieu dans la première année de son mandat. Arrivé dimanche, il s'est adressé lundi à de jeunes étudiants chinois réunis à Shanghai, où il a défendu l'universalité de certains droits de la personne, avant de rencontrer M. Hu à Pékin pour un dîner de travail.

Le voyage en Chine de M. Obama est considéré comme l'élément central de sa tournée asiatique de huit jours. Au Japon, la semaine dernière, il n'avait pas tardé à claironner que Washington voulait être un partenaire et non pas un rival de la Chine. Entre ses visites dans ces deux grandes puissances régionales, le président Obama a participé au sommet du Forum de coopération Asie-Pacifique.

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