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Iran

L'AIEA veut plus d'explications

Mise à jour le lundi 16 novembre 2009 à 13 h 28

Le directeur général de l'AEIA, Mohamed ElBaradei, rencontre le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad.

Photo: AFP/STR

Le directeur général de l'AEIA, Mohamed ElBaradei, rencontre le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad.

Les explications fournies par l'Iran au sujet de son second site d'enrichissement d'uranium de l'Iran ne sont pas suffisantes, estime l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) dans un rapport confidentiel obtenu par l'Agence France Presse (AFP).

Selon ce rapport signé par le directeur général de l'organisation, Mohamed ElBaradei, la République islamique doit fournir davantage d'explications sur « l'objectif de cette usine et la chronologie des plans et de sa construction ».

Le second site d'enrichissement d'uranium, dont l'existence longtemps demeurée secrète a été révélée en septembre, « réduit le niveau de confiance » que la communauté internationale peut avoir envers la République islamique, estime l'AIEA.

Ces installations, qui « correspondent aux plans fournis par Téhéran », soulèvent la question « de l'existence d'autres installations nucléaires qui n'auraient pas encore été révélées » à l'agence onusienne, ajoute le rapport.

Le rapport de l'AIEA a été rédigé après que ses inspecteurs eurent visité ce second site d'enrichissement, situé non loin de Qom, ville sainte de l'Islam chiite, située à environ 150 kilomètres au sud-ouest de Téhéran.

Selon les inspecteurs de l'Agence, le site, baptisé Fordo, pourrait accueillir près de 3000 centrifugeuses pour enrichir de l'uranium. Aucune d'entre elles ne s'y trouve pour l'instant, ont rapporté les inspecteurs. Le site, précisent-ils, doit être opérationnel en 2011.

Les Iraniens disposent déjà d'un premier site d'enrichissement d'uranium, à Natanz. Selon Associated Press, 8600 centrifugeuses se trouvent à cet endroit, mais seuls 4000 font de l'enrichissement.

Les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU et l'Allemagne - le groupe 5+1 - tentent de conclure un accord avec le régime iranien pour éviter une nouvelle série de possibles sanctions. Après une longue interruption, les négociations à ce sujet ont repris le 1er octobre.

Un projet d'accord actuellement sur la table prévoit que l'Iran enverra de l'uranium faiblement enrichi en Russie, qui l'enrichira davantage. Cet uranium sera expédié en France, où il sera transformé en barres de combustible destinées au réacteur de recherche de Téhéran, qui pourrait l'utiliser pour produire des isotopes médicaux.

Le litige entre les pays occidentaux et l'Iran dure depuis plusieurs années déjà. Les chancelleries occidentales, et notamment les États-Unis, soupçonnent la République islamique de vouloir développer à terme l'arme nucléaire. L'Iran maintient qu'il veut développer une filière nucléaire destinée à un usage exclusivement civil.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Associated Press

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