Pour l'éradication de la faim

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à Rome lundi Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon à Rome lundi   © AFP/Alessandro Di Meo

« Aujourd'hui, plus de 17 000 enfants vont mourir de faim. Un toutes les cinq secondes. Six millions par an. Ceci n'est pas acceptable. Nous devons agir ». C'est par ces mots que le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a ouvert à Rome le sommet de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Les chefs d'État et de gouvernement réunis à Rome lors du sommet de la FAO se sont engagés à éradiquer la faim dans le monde, mais sans fixer d'échéance, ce qui déçoit le directeur général de l'organisation onusienne.

En l'absence des dirigeants du G8, les chefs d'État et de gouvernement présents à la rencontre se sont engagés à « éradiquer la faim dans le monde », qui touche plus d'un milliard de personnes.

Cependant, ils ne se sont pas fixé de délais. Le document initial prévoyait l'année 2025 comme date-butoir, mais cette échéance a été supprimée dans le document final.

En revanche, les dirigeants ont réitéré l'objectif de « réduire de moitié le pourcentage et le nombre de personnes souffrant de la faim et de la malnutrition d'ici à 2015 ».

Les pays membres de la FAO avaient déjà réitéré cet objectif du Millénaire en juin 2008. Depuis, le nombre de personnes souffrant de la faim est passé de 850 millions à 1,02 milliard.

Des critiques de Jacques Diouf

S'il s'est dit satisfait du consensus obtenu, le directeur général de la FAO, Jacques Diouf, a déploré que la date butoir de 2025 n'ait pas été retenue.

M. Diouf a aussi souligné qu'aucune estimation des investissements pour augmenter la production agricole n'était comprise dans la déclaration finale. Selon le directeur général de la FAO, il faudra injecter 120 milliards de dollars, dont 44 en aide internationale et 76 milliards provenant des pays concernés.

Du même souffle, Jacques Diouf a déploré qu'aucun représentant du G8 n'était présent à la réunion de Rome, à l'exception de l'hôte, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi. « Naturellement, j'aurais souhaité avoir à ce sommet les pays qui ont les ressources matérielles pour changer les choses », a déclaré M. Diouf.

Par ailleurs, le colonel libyen Mouammar Kadhafi a dénoncé « un nouveau féodalisme » en Afrique, avec des sociétés étrangères qui achètent de nombreux terrains agricoles et imposent leurs « semences diaboliques ».

Devant les participants, le pape Benoît XVI a fustigé « l'égoïsme », dénoncé « la spéculation » sur le marché des céréales, et contesté « le recours à certaines formes de subventions qui perturbent gravement le secteur agricole ».

De son côté, le président brésilien Luiz Inacio « Lula » da Silva, qui a reçu un prix de l'ONG ActionAid pour ses « succès dans la lutte contre la faim » dans son pays, a affirmé que son action avait permis à plus de 20 millions de Brésiliens de se libérer de la faim.

Devant le siège de la FAO, des militants d'ONG altermondialistes avaient dressé une tente pour protester contre les multinationales qui « utilisent la nourriture comme moyen de spéculation ».

Quant à l'ONG Oxfam France, elle a relevé que « sans financement, il n'y a aucun espoir de nourrir un milliard de personnes souffrant de la faim ».

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