Washington et Moscou s'impatientent

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Le président américain, Barack Obama, et son homologue russe, Dimitri Medvedev, lors d'une rencontre dimanche en marge du sommet de l'APEC, à Singapour. Le président américain, Barack Obama, et son homologue russe, Dimitri Medvedev, lors d'une rencontre dimanche en marge du sommet de l'APEC, à Singapour.   © AFP/Saul Loeb

Le président américain, Barack Obama, et son homologue russe, Dimitri Medvedev, se sont faits presque menaçants dimanche à l'endroit de Téhéran.

Barack Obama et Dimitri Medvedev déclarent que le temps est compté pour résoudre la crise nucléaire iranienne de façon diplomatique. Le président russe menace même Téhéran de nouvelles sanctions.

Après une rencontre en marge du sommet du Forum de coopération économique Asie-Pacifique à Singapour dimanche, ils ont fait savoir que le temps était compté pour régler la crise nucléaire iranienne de façon diplomatique.

Téhéran n'a toujours pas répondu au compromis proposé par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) il y a trois semaines maintenant. Selon cette proposition, 75 % de l'uranium iranien faiblement enrichi serait transféré à l'étranger pour être transformé en combustible nucléaire à des fins civiles, ce qui réduirait la marge de manoeuvre de l'Iran dans le domaine militaire.

« Malheureusement, jusqu'ici au moins, l'Iran ne semble pas en mesure de dire oui à ce qui, de l'avis général, constitue une approche créative et constructive », a déploré Barack Obama. Puis d'ajouter : « Le temps commence à manquer en ce qui concerne l'approche diplomatique. »

Le président russe a lui aussi regretté la lenteur des discussions et a menacé Téhéran de nouvelles sanctions en l'absence de progrès. « Nous sommes prêts à aller plus loin » pour nous assurer que le programme nucléaire iranien est fait uniquement à des fins pacifiques, a affirmé Dimitri Medvedev. Si nous échouons, d'autres options sont ouvertes afin d'engager le processus dans une direction différente. »

La dureté du ton de la Russie est nouvelle; ce pays s'est traditionnellement opposé à des sanctions accrues contre le régime iranien.

Bernard Kouchner pessimiste

Le chef de la diplomatie française estime pour sa part que l'Iran a déjà rejeté l'offre de l'AIEA. « Dans les faits, la réponse a déjà été donnée et elle est négative. C'est une honte, une honte », a affirmé Bernard Kouchner dans une entrevue publiée dimanche dans un quotidien israélien.

À Téhéran, l'ancien chef des Gardiens de la révolution et candidat ultraconservateur à l'élection présidentielle de juin, Mohsen Rezaï, a suggéré dimanche que l'Occident suspende les sanctions contre son pays. Selon lui, ce serait une réponse adéquate pour réinstaurer un climat de confiance.

De son côté, la Turquie s'est dite prête dimanche à stocker chez elle l'uranium iranien si un tel accord était souhaité pour rassurer l'Occident.

Le New York Times rapportait cette semaine que les États-Unis étaient favorables à ce que Téhéran envoie son uranium dans un tiers pays, comme la Turquie, de façon à en assurer un meilleur contrôle. Washington aurait même suggéré cette solution à Téhéran, selon le quotidien américain.

Toutefois, rien de concret n'est sur la table pour le moment.

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