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Guerre en Afghanistan

Obama soupèse encore ses options

Mise à jour le jeudi 12 novembre 2009 à 23 h 06

Le président Obama préside la rencontre du Conseil de sécurité national mercredi.

Photo: La Presse Canadienne /AP/The White House/Pete Souza

Le président Obama préside la rencontre du Conseil de sécurité national mercredi.

La méfiance que soulève le partenaire afghan, le président Hamid Karzaï, incite le président Barack Obama à renvoyer ses collaborateurs à la planche à dessin. Son secrétaire à la Défense, Robert Gates, a indiqué jeudi qu'aucun des quatre scénarios de déploiement accru présentés la veille au président Obama, lors d'une réunion de son Conseil pour la sécurité nationale consacré à l'Afghanistan, ne l'avait pleinement convaincu.

Sans dire expressément s'il avait rejeté l'une ou l'autre option, M. Gates a révélé que l'idée était plutôt de voir s'il était possible de « combiner les meilleures parties de plusieurs de ces options pour parvenir au meilleur résultat possible ». Les options débattues proposaient des augmentations d'effectifs allant de 10 000 à 40 000 soldats supplémentaires.

Le président Obama a également demandé aux membres du Conseil d'élaborer des stratégies de sortie face à un conflit de plus en plus meurtrier et de plus en plus impopulaire auprès des Américains.

Il a également voulu savoir précisément comment et quand les forces américaines seraient en mesure de transférer les responsabilités au gouvernement afghan, a expliqué un responsable sous couvert de l'anonymat. Selon lui, le président Obama entend faire comprendre clairement aux dirigeants afghans que l'engagement américain n'est pas « illimité » et qu'ils doivent faire leur part, un message qui s'adresse également à l'opinion publique américaine.

Les fraudes entourant la réélection d'Hamid Karzaï, conjuguées à son manque d'empressement à lutter contre la corruption et le trafic de drogue, dont profitent les talibans, ont intensifié les doutes de l'administration américaine à l'endroit du partenaire afghan.

Cette rencontre était le huitième conseil de guerre sur l'Afghanistan depuis le mois d'août.

Plaidoyers contradictoires à l'endroit d'une administration divisée

D'après le New York Times, l'ambassadeur américain à Kaboul, Karl Eikenberry, qui se serait joint à la rencontre, a demandé au président Obama de ne pas envoyer de troupes supplémentaires en Afghanistan.

Le président afghan Hamid Karzaï, lors de son passage en Turquie.

Photo: AFP/Bulent Kilic

Le président afghan Hamid Karzaï (archives)

Nommé en janvier dernier par le président, M. Eikenberry était jusqu'à tout récemment le commandant des troupes américaines en Afghanistan. Son passé militaire et sa connaissance de l'Afghanistan ont été des facteurs déterminants pour sa nomination.

Selon des sources du Washington Post, M. Eikenberry a déclaré, la semaine dernière, que les États-Unis ne devraient pas bouger sur ce front tant et aussi longtemps que le président afghan n'aurait pas réussi à démontrer qu'il est en mesure de combattre la corruption qui gangrène son administration.

Le New York Times ajoute que lors deux séjours distincts en Afghanistan, M. Eikenberry s'est plaint que le gouvernement afghan compte trop sur les troupes américaines pour effectuer des tâches qui devraient incomber aux Afghans. Cette situation serait aujourd'hui au coeur des préoccupations du président Obama.

La position de l'ambassadeur Eikenberry le place en contradiction avec l'actuel commandant des troupes américaines et étrangères dans le pays, le général Stanley McChrystal. Ce dernier préconiserait plutôt l'envoi de 40 000 soldats de plus pour mieux protéger la population et mettre en oeuvre une nouvelle stratégie contre-insurrectionnelle en Afghanistan.

La secrétaire d'État, Hillary Clinton, et le secrétaire à la Défense appuieraient la position du général McChrystal. Le vice-président, Joe Biden, serait plutôt dans l'autre camp.

Jusqu'à maintenant, la Maison-Blanche s'est contentée d'exclure des scénarios envisagés pour une réduction des effectifs. La nouvelle stratégie opérationnelle du président Obama pourrait ne pas être révélée avant quelques semaines encore. Il y a encore du travail à faire, a admis Robert Gates, mais « je crois que nous approchons de la fin du processus », a-t-il dit.

La Maison-Blanche ne voulait pas dévoiler son jeu tant et aussi longtemps qu'elle ne savait pas qui allait diriger l'Afghanistan au cours des quatre prochaines années. L'élection d'Hamid Karzaï a finalement été confirmée il y a 10 jours.

Les Américains ont environ 68 000 soldats en Afghanistan actuellement, ce qui équivaut aux deux tiers des troupes étrangères déployées dans le pays. Le conflit en est à sa huitième année, ce qui en fait la guerre la plus longue de toute l'histoire de l'armée américaine. Selon l'organisme indépendant icasualties.org, 918 soldats américains sont morts depuis le début de cette guerre, en 2001. En octobre dernier, 53 militaires américains ont été tués, ce qui en fait le mois le plus meurtrier.

Radio-Canada.ca avec New York Times, Washington Post et Agence France Presse

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