![]() Liban Enfin un gouvernementMise à jour le lundi 9 novembre 2009 à 18 h 08
L'impasse qui a duré cinq mois au Liban vient de connaître son épilogue. Le premier ministre Saad Hariri a finalement réussi à former son gouvernement d'union nationale. « Nous ouvrons une nouvelle page », a déclaré le premier ministre, l'air grave, lors d'une conférence de presse au palais présidentiel lundi. « Ce gouvernement est à l'image du Liban actuel. Il peut paraître aux yeux de certains le reflet des différends confessionnels et politiques au pays, mais nous devons prouver au monde entier qu'il est, aux yeux des Libanais, la véritable image de l'entente nationale. » La création du gouvernement d'union nationale met fin à cinq mois de tension avec le camp mené par le Hezbollah. Dans son discours, M. Hariri, fils de l'ancien premier ministre assassiné Rafic Hariri, a d'ailleurs lancé un appel à la « coopération ». Il espère que le nouveau gouvernement de coalition saura éviter les erreurs de celui formé en 2008. À cette époque, les deux camps s'accusaient mutuellement de blocage, rendant ainsi impossible la prise de décisions. Des compromis La majorité, menée par Saad Hariri et qui est appuyée par les États-Unis et l'Arabie Saoudite, obtient 15 portefeuilles, dont ceux des Finances, de l'Économie et de la Justice. L'opposition, soutenue par l'Iran et la Syrie, obtient 10 ministères. Deux vont à la formation islamiste Hezbollah, qui est représentée pour la troisième fois de son histoire dans un gouvernement, soit les ministères d'État de la Réforme administrative et de l'Agriculture. L'autre parti chiite, Amal, obtient les ministères des Affaires étrangères et de la Santé. Quant au parti de Michel Aoun, il obtient le ministère de l'Énergie. Le ministère de l'Intérieur sera dirigé par Ziyad Baroud et le ministère de la Défense par Elias el-Murr. Ces deux ministres font partie des cinq que choisit le président de la République. Selon cette formule, aucun parti ne disposera d'un droit de veto et le président de la République, Michel Sleimane, aura un rôle d'arbitre. Cinq mois de tension Ce gouvernement d'union nationale se fait attendre depuis les élections législatives du 7 juin. M. Hariri, qui a obtenu une mince majorité au Parlement, peinait à former le nouveau gouvernement. Les discussions bloquaient essentiellement sur la répartition des portefeuilles et le choix des ministres. L'opposition refusait que la majorité s'arroge toutes les décisions importantes, dont, par exemple, la question de l'arsenal du Hezbollah, seule faction libanaise à ne pas avoir déposé les armes après la fin de la guerre civile en 1990. La minorité accusait la majorité d'obéir aux ordres de Washington et Riyad, tandis que la majorité accusait ses opposants de devoir rendre des comptes à Damas et Téhéran. Une entente avait finalement été conclue le week-end dernier. Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press et Reuters
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