Le président Hamid Karzaï lors d'un rassemblement électoral à Kaboul
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AFP/Massoud Hossaini
Finalement, le second tour de l'élection présidentielle afghane, qui devait se dérouler le 7 novembre, n'aura pas lieu. Le président Hamid Karzaï est déclaré vainqueur.
Hamid Karzaï est déclaré vainqueur dans la foulée du désistement de son rival Abdullah Abdullah. Washington salue sa victoire, mais le somme d'agir davantage contre la corruption et l'instabilité au pays.
C'est ce qu'a annoncé la Commission électorale afghane (IEC) lundi lors d'une conférence de presse à Kaboul.
Cette décision survient au lendemain de l'annonce par l'ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah qu'il ne participera pas au second tour, laissant donc le président sortant Hamid Karzaï seul en lice.
« Nous déclarons que M. Hamid Karzaï, qui a rassemblé la majorité des voix au premier tour et qui est le seul candidat présent au second tour, est le président élu d'Afghanistan », a déclaré le président de l'IEC, Azizullah Ludin.
M. Ludin a indiqué que la décision avait été prise en accord avec la loi électorale et la Constitution afghanes, et « dans le plus haut intérêt du peuple afghan ».
« L'annonce-surprise de son excellence le Dr. Abdullah Abdullah [...] présentait de grandes difficultés quant à l'organisation d'un second tour de l'élection », a-t-il expliqué, précisant que « tous les membres de l'IEC ont atteint un consensus » sur cette décision.
Au premier tour, M. Karzaï avait rassemblé 49,67 % des voix, contre 30,59 % à M. Abdullah.
Cette élection par défaut risque de ne donner qu'une faible légitimité au président réélu, installé aux commandes du pays depuis fin 2001, lorsqu'une coalition internationale menée par les États-Unis avait chassé les talibans du pouvoir.
M. Abdullah a indiqué avoir pris sa décision après le refus de M. Karzaï d'accéder à ses demandes visant à diminuer les risques de fraudes, massives au premier tour du 20 août, au point qu'un quart des bulletins de vote avaient été annulés.
Des félicitations mesurées
Le président américain a félicité Hamid Karzaï pour sa réélection à la présidence, lors d'un entretien téléphonique lundi.
Barack Obama l'a par ailleurs averti qu'il s'attendait à ce qu'il s'attaque aux problèmes de corruption endémiques et fasse davantage pour la stabilité du pays.
La Maison-Blanche n'a par ailleurs pas commenté si elle entendait envoyer davantage de troupes dans un proche avenir, comme le souhaite son commandant sur le terrain, le général Stanley McChrystal. Le porte-parole du président a cependant précisé que ce dernier trancherait la question « dans les quelques semaines à venir ».
Le général McChrystal veut que s'ajoutent 40 000 soldats aux 68 000 américains déjà déployés en sol afghan.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, arrivé lundi matin à Kaboul, a salué l'annulation du second tour et également félicité le vainqueur, l'appelant à « rapidement former un gouvernement qui sera soutenu à la fois par le peuple afghan et la communauté internationale ». « Des leçons doivent en être tirées » de cette élection très controversée, a-t-il également souligné.
De son côté, Moscou a salué « la clôture du processus électoral en Afghanistan », car elle ouvre « la voie à la formation d'un nouveau gouvernement national qui aura pour objectif de (...) stabiliser la situation dans le pays ».
Le premier ministre britannique Gordon Brown a indiqué avoir téléphoné à M. Karzaï. « L'Afghanistan a désormais besoin de nouvelles et urgentes mesures pour éradiquer la corruption, pour renforcer le gouvernement au niveau local », a-t-il expliqué.
Les ministres allemand et français des Affaires étrangères, Guido Westerwelle et Bernard Kouchner, ont appelé M. Karzaï à gouverner pour tous et à coopérer avec M. Abdullah, lors d'une conférence de presse commune à Paris.
Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, a lui aussi contacté le président Karzaï pour le féliciter. Il l'a pressé de travailler à l'établissement d'institutions solides et démocratiques pour assurer une bonne gouvernance du pays.