Le début de la fin

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, La Presse Canadienne et Reuters
Manuel Zelaya, entouré de partisans Le président déchu Manuel Zelaya, entouré de partisans   © PC/AP Photo/Esteban Felix

Cédant aux pressions internationales, le gouvernement putschiste signe un accord qui prévoit le rétablissement de Manuel Zelaya, la formation d'un gouvernement de réconciliation et l'organisation d'une présidentielle.

Quatre mois après avoir été chassé du pouvoir, le président hondurien déchu, Manuel Zelaya, pourrait bientôt être rétabli dans ses fonctions. À la suite de nouvelles pressions de l'administration américaine, le gouvernement putschiste de Roberto Micheletti a accepté dans la nuit de jeudi soir la perspective du retour de M. Zelaya, un retour qui doit d'abord être approuvé par le Congrès et la Cour suprême.

Selon M. Michelleti, l'accord, qui marque « le début de la conclusion à la situation politique du pays », porte sur la formation d'un gouvernement de réconciliation et sur la tenue, comme prévu, d'une élection présidentielle le 29 novembre.

Des partisans pro-Zelaya célèbrent l'annonce de l'accord devant l'ambassade brésilienne. Des partisans pro-Zelaya célèbrent l'annonce de l'accord devant l'ambassade brésilienne.   © AFP/Yuri Cortez

D'ici là, le pouvoir exécutif antérieur au 28 juin, dont Manuel Zelaya à la présidence, serait rétabli, a déclaré Roberto Micheletti. M. Zelaya avait refusé la semaine dernière de renoncer à la présidence.

Une commission devrait être chargée d'enquêter sur ce qui s'est passé avant, pendant et après le coup d'État, a expliqué M. Micheletti. Le président putschiste a d'ailleurs demandé que soient levées les sanctions prises par la communauté internationale contre le Honduras depuis le coup d'État.

Manuel Zelaya s'est réjoui de l'accord, estimant qu'il s'agit « [d']un triomphe pour la démocratie hondurienne ». Il est toujours réfugié à l'ambassade brésilienne dans la capitale hondurienne, Tegucigalpa.

De passage à Islamabad, la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, s'est félicitée vendredi de voir que le Honduras s'achemine vers une sortie de crise, évaluant que l'entente est « historique ». Mme Clinton a étendu ses félicitations au président du Costa Rica, Oscar Arias, au Brésil et au Mexique.

Manuel Zelaya a été chassé du pouvoir par l'armée, le 28 juin dernier, après avoir voulu organiser une consultation populaire sur une modification de la Constitution du pays, qui aurait permis une modification ultérieure de cette même Constitution autorisant un président en exercice à solliciter un second mandat (ce qui est actuellement interdit au Honduras).

La Cour suprême du pays, qui avait jugé cette consultation illégale, aurait alors ordonné de déposer le président Zelaya pour l'empêcher d'organiser la consultation. C'est ainsi que le président hondurien a été arrêté par des militaires, conduit à une base aérienne et envoyé au Costa Rica contre son gré.

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