La Palestine assoiffée par Israël

Scène prise dans le village palestinien de Qarawat Bani Zeid, en Cisjordanie, lors d'une distribution d'eau organisée par des ONG israéliennes et étrangères pour protester contre les politiques de Tel-Aviv. Scène prise dans le village palestinien de Qarawat Bani Zeid, en Cisjordanie, lors d'une distribution d'eau organisée par des ONG israéliennes et étrangères pour protester contre les politiques de Tel-Aviv.   © AFP/Menahem Kahana

Un rapport d'Amnistie internationale conclut que les Israéliens utilisent en moyenne quatre fois plus d'eau que les Palestiniens. Ces derniers consomment plutôt une quantité d'eau qui se trouve sous le minimum recommandé par l'Organisation mondiale de la santé.

Selon Amnistie internationale, Israël poursuit des « politiques discriminatoires » en matière de gestion de l'eau. Dans la bande de Gaza, plus de 90 % de l'eau est impropre à la consommation.

Selon l'organisation non gouvernementale, Israël exerce « un contrôle total sur des ressources communes » et poursuit des politiques discriminatoires » en matière de gestion de l'eau.

L'accès à l'eau est un enjeu crucial au Proche-Orient, la ressource y étant plutôt rare. Il s'agit d'ailleurs d'un sujet qui doit être abordé dans le cadre de futures négociations de paix, processus actuellement au point mort.

La situation est particulièrement grave dans la bande de Gaza, qui fait l'objet d'un embargo israélien quasi total depuis que le Hamas y assume le pouvoir. L'assaut israélien mené l'hiver dernier dans ce territoire, l'un des plus densément peuplés de la planète, a endommagé les réservoirs d'eau, les puits, les égouts et les stations de pompage à un point tel qu'entre 90 % et 95 % de l'eau est maintenant impropre à la consommation.

Bien que l'armée ait grandement endommagé le réseau d'égout et les systèmes d'épuration des eaux, le gouvernement israélien empêche les Palestiniens de la bande de Gaza d'importer le matériel nécessaire à leur réparation, comme des tuyaux, sous prétexte qu'ils pourraient être utilisés pour fabriquer des armes.

De l'eau contaminée fuit du réseau d'égouts à Zeitoun, dans la bande de Gaza, dans les jours suivant l'offensive Plomb durci. De l'eau contaminée fuit du réseau d'égouts à Zeitoun, dans la bande de Gaza, dans les jours suivant l'offensive Plomb durci.   © PC/AP/Ben Curtis

Selon Amnistie internationale, la situation n'est guère meilleure pour les Palestiniens de Cisjordanie. Les 450 000 colons israéliens qui y vivent au mépris du droit international utilisent plus d'eau que les 2,3 millions de Palestiniens qui vivent sur ces terres. Parmi eux, de 180 000 à 200 000 Palestiniens n'ont même pas accès à l'eau courante.

Là aussi, Israël refuse d'accorder les permis dont les Palestiniens ont besoin pour améliorer leur réseau d'eau, dit Amnistie. Conséquemment, ce sont des camions-citernes qui assurent la distribution de l'eau, et ceux-ci doivent souvent effectuer de longs détours pour éviter les contrôles militaires.

Dans certaines colonies, écrit l'auteure du rapport, Donatella Rovera, la consommation d'eau par habitant des Israéliens excède de 20 fois celle des Palestiniens. « Piscines, pelouses bien arrosées et vastes exploitations agricoles irriguées dans les colonies contrastent avec les villages palestiniens voisins dont les habitants doivent se battre quotidiennement pour assurer leurs besoins en eau », peut-on lire dans le rapport.

« Israël ne laisse les Palestiniens accéder qu'à une fraction des ressources communes en eau, qui se situent surtout en Cisjordanie occupée, alors que les colonies israéliennes illégales reçoivent des quantités pratiquement illimitées » — Amnistie internationale

Le rapport d'Amnistie internationale conclut aussi que les Israéliens pompent une quantité d'eau disproportionnée d'un aquifère qu'ils contrôlent en Cisjordanie. Israël, conclut l'ONG, prend 80 % de l'aquifère de la Montagne, seule ressource en eau des Palestiniens de Cisjordanie, plutôt que d'utiliser ses autres sources en eau.

Le gouvernement israélien nie vertement les conclusions de ce rapport, qualifiées d'absurdes. Un porte-parole du gouvernement de Benyamin Nétanyahou, Mark Regev, soutient qu'Israël possède les droits sur cet aquifère, puisqu'Israël l'a découvert et a été le premier à l'exploiter. Il impute par ailleurs les problèmes de développement des réseaux d'eau aux seuls Palestiniens.

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