Des hommes transportent le cercueil d'un proche, au lendemain du drame.
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AFP/Ahmad Al-Rubaye
Le bilan du double attentat à la voiture piégée, dimanche matin, dans le centre de Bagdad, ne cesse d'augmenter. Il atteint maintenant 155 morts et 500 blessés, selon le bilan officiel rendu public lundi.
Le bilan du double attentat à la voiture piégée perpétré près de bâtiments gouvernementaux s'élève maintenant à 155 morts et plus de 500 blessés. L'attaque est d'une ampleur jamais vue à Bagdad depuis deux ans.
Les forces de l'ordre sont sur le qui-vive. Des renforts ont été déployés pour assurer la sécurité des édifices gouvernementaux et ailleurs dans les rues de la capitale par crainte d'une récidive.
Les deux attaques de dimanches sont les plus meurtrières à survenir dans la capitale irakienne depuis deux ans.
Elles ont eu lieu à quelques minutes d'intervalle, devant le quartier général de l'administration provinciale de Bagdad et près de l'édifice du ministère de la Justice. Ce secteur regroupe plusieurs édifices gouvernementaux et il est considéré comme un des plus sécuritaires. Il est tout près de la zone verte qui englobe l'ambassade américaine et les bureaux du premier ministre irakien.
« Une attaque au processus politique »
Selon le porte-parole du Service de sécurité de Bagdad, le général Qassim Atta, les attentats visaient les institutions gouvernementales. « Ils visent le gouvernement et le processus politique dans le pays », a-t-il dit à l'Associated Press.
Le gouvernement irakien accuse des agents « étrangers », venus notamment de Syrie, d'être à l'origine des attentats et a demandé aux Nations unies d'enquêter.
Le premier ministre Nouri Al-Maliki, qui a déjà accusé par le passé Damas de donner refuge à des membres du parti Baas de l'ex-président Saddam Hussein, a lancé une sévère mise en garde. « Les crimes du Baas et d'Al-Qaïda ne réussiront pas à bloquer le processus politique et la tenue des élections », a-t-il affirmé, par voie de communiqué.
Le chef de l'armée de terre irakienne, le général Ali Gheidan, a déclaré à l'Agence France Presse qu'il craignait un regain de violences dans les neuf prochains mois en raison de la tenue d'élections générales et de l'installation d'un nouveau gouvernement.
D'ailleurs, ce double attentat alimente les doutes sur les capacités des forces irakiennes à assurer la sécurité des centres urbains à l'approche des élections législatives de janvier 2010.
Ces attentats rappellent ceux du 19 août dernier aux ministères des Affaires étrangères et des Finances qui avaient fait une centaine de morts. Deux kamikazes avaient alors fait exploser leur camion piégé devant ces ministères, tuant 95 personnes.
Ces attaques surviennent alors que l'ambassadrice américaine aux Nations unies est justement de passage dans la capitale irakienne pour discuter de la création d'un tribunal international qui jugerait les responsables d'attentats.
Dans une déclaration, le président des États-Unis, Barack Obama, a dit que « les bombes n'avaient aucun autre but que de tuer des innocents. Les bombes ne font que révéler le plan destructeur de ceux qui ne veulent pas accorder au peuple irakien l'avenir qu'il mérite ».
Le président, qui a qualifié les attentats de « révoltants » a téléphoné au premier ministre irakien Nouri Al-Maliki et au président Jalal Talabani pour leur dire que les États-Unis étaient aux côtés du peuple irakien.
De son côté, le Canada a condamné, par la voie de son ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, le double attentat « cruel » et « injustifié ».
« Le gouvernement du Canada est fermement solidaire du peuple irakien pour aider à consolider la liberté, la démocratie, les droits de l'homme et l'état de droit en Irak », a déclaré M. Cannon dans un communiqué.