Des soldats fouillant des déplacés.
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AFP/Aamir Qureshi
L'offensive de l'armée pakistanaise, avec un effectif de 30 000 soldats, se poursuit dans le district tribal du Waziristan du Sud contre les talibans.
L'offensive de l'armée pakistanaise avec un effectif de 30 000 soldats se poursuit dans le district tribal du Waziristan du Sud contre les talibans. Environ 100 000 personnes ont été déplacées.
Neuf soldats et 78 combattants islamistes ont été tués en trois jours d'offensive militaire aérienne et terrestre dans le Waziristan du Sud, a affirmé lundi l'armée.
Toujours selon l'armée, cinq repaires de talibans ont été détruits lors de raids de l'aviation visant les dirigeants talibans.
« Les cibles principales sont le commandement [des talibans]. Nous espérons avoir les chefs », a déclaré le général Athar Abbas, porte-parole de l'armée, au cours d'une conférence de presse.
Les rebelles islamistes ont toutefois opposé une vive résistance dans la zone de Sharwangi, la première en territoire des tribus Mehsud, fief du Mouvement des talibans du Pakistan (TTP).
Plus de 100 000 personnes ont déjà fui le Waziristan du Sud, selon l'armée pakistanaise et le haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). Le nombre de déplacés pourrait atteindre 200 000, selon les autorités. La population du Waziristan du Sud est estimée à 600 000 personnes.
Le gouvernement avait annoncé dès juin une offensive majeure dans ce district tribal, fief des tribus Mehsud.
Le TTP dispose de 20 000 à 25 000 combattants dans les zones tribales, dont 10 000 à 12 000 au Waziristan du Sud, épaulé par environ 1500 combattants étrangers arabes ou venus d'Asie centrale, selon les estimations des experts.
Washington considère qu'Al-Qaïda a reconstitué ses forces dans les zones tribales pakistanaises frontalières avec l'Afghanistan.
Les drones américains basés en Afghanistan tirent fréquemment des missiles visant Al-Qaïda et les talibans dans le nord-ouest du Pakistan. Le chef fondateur du TTP, Baïtullah Mehsud, a été tué par l'un d'eux le 5 août au Waziristan du Sud.
Par la suite, le TTP a multiplié les attaques et les attentats suicide, qui ont fait 178 morts ces douze derniers jours.
Des experts estiment que l'offensive de l'armée pakistanaise pourrait se solder par un échec, en raison de l'inexpérience des troupes face à la contre-insurrection et de la difficulté d'acheminer des chars et de l'artillerie lourde dans cette région.
Avant le Waziristan du Sud, les forces gouvernementales étaient intervenues au printemps dans la vallée de Swat, à une centaine de kilomètres au nord-ouest d'Islamabad.
Appui de l'OTAN
Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a salué l'offensive de l'armée pakistanaise dans le Waziristan du Sud en espérant un succès à l'armée.
« Les pays de l'OTAN apprécient beaucoup les efforts accrus du gouvernement du Pakistan et de son armée pour combattre le terrorisme dans les régions frontalières » de l'Afghanistan, a déclaré Anders Fogh Rasmussen à la presse.
« Le succès du gouvernement et des militaires pakistanais dans leur entreprise est essentiel pour la stabilité dans toute la région », a-t-il ajouté.
« Nous sommes prêts à fournir toutes sortes d'aide en réponse à des demandes pakistanaises » d'assistance, a-t-il assuré.
De son côté l'ISAF, la force internationale en Afghanistan que commande l'OTAN, « prendra des mesures adéquates pour faire face à un éventuel afflux de talibans en armes » fuyant le Pakistan, a-t-il indiqué.
Attentat déjoué
La police pakistanaise a annoncé lundi une série d'arrestations de militants islamistes et affirme avoir déjoué un nouvel attentat à Karachi, la première ville du Pakistan, dans le sud.
Un homme présenté comme le chef d'une cellule du TTP a été arrêté dimanche avec trois autres suspects qui préparaient un « énorme attentat », a indiqué le chef de la police de Karachi.
« Quelque 75 kg d'explosifs très puissants, deux vestes bourrées d'explosifs et des grenades ont également été saisis » lors de l'arrestation, a précisé la police.
À Islamabad, la capitale, les forces de sécurité ont pris d'assaut une école religieuse et des auberges pour tenter de capturer des talibans présumés. Six ont été arrêtés et des armes ont été saisies, a déclaré Malik Mumtaz, un haut responsable de la police d'Islamabad.
Près de 2300 personnes ont été tuées en un peu plus de deux ans au Pakistan dans une vague d'attentats, perpétrés pour la plupart par des kamikazes du TTP.
Visite américaine
Pendant ce temps, le général David Petraeus, chef du Commandement central qui supervise les guerres en Irak et en Afghanistan, et le sénateur John Kerry sont au Pakistan pour rencontrer des responsables pakistanais, dont le premier ministre Yusuf Raza Gilani.
John Kerry s'est rendu à Islamabad dans le souci d'apaiser les tensions relatives au texte législatif - signé la semaine dernière par Barack Obama - qui prévoit le versement sur cinq ans de 7,5 milliards de dollars pour des programmes économiques et sociaux au Pakistan.
Si le gouvernement pakistanais soutient cette loi dont M. Kerry est l'un des principaux artisans, l'armée et des représentants de l'opposition la considèrent comme une ingérence dans les affaires nationales et critiquent les conditions posées par les États-Unis.