Le prix Nobel de la paix en 2009 a été attribué au président des États-Unis, Barack Obama, pour ses efforts, qualifiés d'« extraordinaires », visant à renforcer la diplomatie et la coopération entre les peuples. En conférence de presse, vendredi, à Washington, M. Obama a déclaré qu'il accueillait « avec surprise et une profonde humilité » la nouvelle de sa nomination.
Le prix Nobel de la paix est attribué au président américain pour ses efforts diplomatiques. Barack Obama dit accueillir cet honneur avec « surprise et une profonde humilité ».
Le président Obama a déclaré ne pas avoir le sentiment de mériter ce prix par rapport aux lauréats antérieurs. « Pour être honnête, je n'ai pas l'impression que je mérite de me retrouver en compagnie de tant de personnalités qui ont transformé leur époque et qui ont été distinguées par ce prix », a-t-il déclaré.
Selon lui, le prix servira à faire avancer certaines causes. « Le prix n'a pas été donné pour des réalisations spécifiques, mais pour donner un nouvel élan à certaines causes. [...] Ces défis ne peuvent être relevés par un seul leader, une seule nation », a-t-il dit.
Le prix Nobel sera remis le 10 décembre. Barack Obama a dit qu'il allait offrir le prix d'environ 1,5 million de dollars à une ou plusieurs oeuvres de charité.
Récompensé pour ses efforts en faveur de la diplomatie
Le prix Nobel de la paix 2009 a été attribué à Barack Obama « pour ses efforts extraordinaires en faveur du renforcement de la diplomatie et de la coopération internationale entre les peuples ».
Le comité norvégien du prix Nobel dit avoir accordé une importance toute particulière à la vision du président Obama pour un monde dénucléarisé et aux efforts qu'il a déployés en ce sens. Cette vision, conclut le comité norvégien du prix Nobel, a puissamment stimulé les négociations sur le désarmement et le contrôle des armements.
« Grâce à l'initiative de Barack Obama, les États-Unis jouent un rôle plus constructif dans la lutte contre les grands changements climatiques auxquels le monde fait face », poursuit le comité norvégien du prix Nobel. « La démocratie et les droits de l'homme seront renforcés ».
Le président du comité Nobel norvégien, Thorbjoern Jagland, avait expliqué un peu plus tôt que son groupe a fait une entorse à la tradition, qui veut que le lauréat soit prévenu une heure avant l'annonce. « Réveiller un président au milieu de la nuit, ce n'est pas une chose à faire », a-t-il dit.
Quelques réactions
Lorsque le nom du lauréat a été annoncé à l'institut Nobel, on a entendu une clameur de surprise parmi les journalistes. C'est qu'on décerne un prix à un homme qui dirige un pays toujours impliqué dans des conflits en Irak et en Afghanistan, où on parle de bourbier comparable au Vietnam.
Mais en Afghanistan, le président Hamid Karzaï a estimé que le comité Nobel avait sélectionné la bonne personne, tandis que les talibans, eux, dénonçaient ce choix.
En Iran, un conseiller du président Mahmoud Ahmadinejad a déclaré que son pays espérait « que cela l'incitera à emprunter la voie qui apportera la justice dans le monde ».
Le prix Nobel de la paix 1983, le Polonais Lech Walesa, croit que le choix d'Obama est prématuré. « Si tôt? Trop tôt. Il n'a aucune contribution à son actif jusque-là. Il n'en est qu'au début. Il commence seulement à agir. C'est probablement pour l'encourager à agir. Voyons s'il persévère. Donnons-lui le temps d'agir. »
En Afrique du Sud, par contre, l'ex-militant antiapartheid, Desmond Tutu, Nobel de la paix en 1984, a comparé le lauréat à « un jeune Mandela ».
Au Proche-Orient, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, souhaite que la création d'un État palestinien se fasse au cours de la présidence Obama, tandis que le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, dit qu'il espérait que cela ferait avancer la paix. Le mouvement islamiste palestinien Hamas juge, quant à lui, que l'attribution du prix est prématurée.
Changement de ton
Depuis son arrivée au pouvoir, le 20 janvier, le président Obama a imposé un changement de ton qui marque une nette rupture par rapport à son prédécesseur, George W. Bush.
Après avoir connu une ascension fulgurante sur la scène politique nationale, en raison notamment de son refus de cautionner la guerre en Irak, le président Obama s'est démarqué lors de la campagne électorale américaine en préconisant une politique de la main tendue envers des pays rangés dans le camp ennemi par le président Bush, dont l'Iran, la Syrie et le Venezuela.
Le président américain Barack Obama et son homologue russe Dimitri Mevedev en juillet 2009.
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AFP/Ria/Vladimir Rodionov
Depuis qu'il a pris possession de la Maison-Blanche, il est effectivement passé de la parole aux actes, en tendant la main à la République islamique d'Iran, avec laquelle des négociations sur la question nucléaire sont en cours, et en rétablissant des liens diplomatiques avec la Syrie. Il a également prononcé un discours très remarqué à l'intention du monde arabo-musulman, dans lequel il appelait à l'établissement de nouveaux liens avec l'Occident.
Le président Obama a également annoncé la fermeture prochaine de la prison de Guantanamo, où des centaines de prisonniers sont détenus sans avoir été accusés ni jugés, annoncé l'abandon du projet de bouclier antimissile qui braquait la Russie et entrepris des efforts diplomatiques soutenus en vue de la reprise des pourparlers de paix au Moyen-Orient.
Le fait que le président Obama préside tout de même à deux guerres pourrait faire grincer des dents, bien qu'il s'agisse de conflits décidés par le président Bush. En Afghanistan, par exemple, le président américain a décidé l'envoi de dizaines de milliers de soldats supplémentaires pour lutter contre les talibans. Il a également autorisé la poursuite des attaques menées par des drones américains dans les zones tribales du Pakistan.
Le président Obama devient le troisième président américain à recevoir le prix Nobel de la paix pendant qu'il est en fonction. Les deux autres sont Theodore Roosevelt, primé pour son rôle de médiateur dans la guerre russo-japonaise, en 1906, et Woodrow Wilson, pour avoir fondé la Société des Nations, en 1919. Jimmy Carter l'a reçu en 2002 pour ses efforts diplomatiques constants.