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Sri Lanka

Des Tamouls « détenus » par centaines de milliers

Mise à jour le jeudi 8 octobre 2009 à 13 h 29

La présidente de l'International Crisis Group, Louise Arbour, est d'avis que les 250 000 Tamouls qui vivent dans des camps créés par le gouvernement sri-lankais lorsque l'armée nationale a mené une offensive finale contre les Tigres tamouls sont en fait détenus contre leur gré.

L'ex-haute-commissaire aux droits de l'homme des Nations unies s'est prononcée sur ce conflit dans une entrevue qui sera diffusée vendredi à l'émission Une heure sur terre, à la télévision de Radio-Canada.

« Ce qu'on voit à la fin du conflit, c'est peut-être encore 250 000 civils qui sont, il faut bien le dire, détenus dans des camps. Ils ne sont pas que protégés », affirme cette ancienne juge de la Cour suprême du Canada.

« Vous savez, quand on a des personnes déplacées, très souvent ces personnes sont là de leur propre gré parce qu'elles n'ont pas d'alternative. Mais dans le cas de ce qui se passe au Sri Lanka, ces personnes sont à mon avis l'objet d'une détention arbitraire. »

Selon les plus récentes données compilées par le Bureau de coordination aux affaires humanitaires de l'ONU, 255 551 personnes vivent actuellement dans une trentaine de sites, dont près de 95 % se trouvent dans le district de Vavuniya, dans le nord du pays. Les autres se trouvent dans les districts de Jaffna, de Mannar et de Trincomalee.

Un conflit qui s'éternise

Colombo et les Tigres tamouls étaient en guerre ouverte depuis 1983, mais le conflit couvait déjà depuis de nombreuses années. La fracture est linguistique et religieuse. Les Tamouls sont des hindouistes qui parlent tamoul, une langue qui n'a été reconnue officiellement par Colombo qu'en 1977. Ils réclament une partition de l'île, peuplée à 75 % de Cinghalais, majoritairement bouddhistes, afin de créer un État tamoul dans le nord. Le conflit qui déchire le pays, où vivent 20 millions de personnes, a fait entre 60 000 et 70 000 morts.

Une jeune Tamoule va à l'école dans une tente érigée dans un camp de réfugiés du district de Vavuniya.

Photo: Ishara S. Kodikara

Une jeune Tamoule va à l'école dans une tente érigée dans un camp de réfugiés du district de Vavuniya.

Les informations en provenance du nord du pays sont difficilement vérifiables. Les journalistes n'ont pu visiter les camps de personnes déplacées que sous étroite supervision des autorités gouvernementales. Des témoignages de civils qui se trouvent dans des camps de réfugiés ne peuvent donc être obtenus librement.

Le sort des civils tamouls a fait l'objet de versions contradictoires lors des dernières semaines de conflit. Colombo accusait systématiquement les Tigres tamouls de retenir les civils dans la dernière portion de territoire qu'ils contrôlaient afin de s'en servir comme boucliers humains. Les rebelles affirmaient plutôt que les Tamouls préféraient rester avec eux que de se rendre à l'armée sri-lankaise.

Le pilonnage intensif du dernier secteur contrôlé par les Tamouls a été vertement décrié par la communauté internationale en raison de la présence de centaines de milliers de civils. À la mi-mai, les Nations unies ont même affirmé qu'un « bain de sang » était en cours dans la région.

Le conflit armé s'est terminé avant la fin du mois de mai, Colombo déclarant victoire et annonçant la découverte du corps du chef suprême des Tigres tamouls, Velupillai Prabhakaran. Cette annonce a mis un terme à une guerre qui était en cours depuis plus de 25 ans.

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Bilan des personnes déplacées et hospitalisées en date du 28 septembre

Carte du Bureau de coordination aux affaires humanitaires de l'ONU

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