Les Guinéens comptent leurs morts

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Des dizaines de corps étaient exposés sur l'esplanade de la grande mosquée, sous des tentes, le 2 octobre. Des dizaines de corps étaient exposés sur l'esplanade de la grande mosquée, sous des tentes, le 2 octobre.   © AFP/Seyllou

Plusieurs milliers de Guinéens se sont rassemblés vendredi pour identifier les corps de victimes de la répression sanglante du 28 septembre, lorsque les forces de l'ordre ont dispersé dans le sang une importante manifestation dans un stade de Conakry.

Plusieurs milliers de personnes se rassemblent à Conakry pour identifier les corps des victimes de la répression des forces de l'ordre, qui ont dispersé dans le sang, lundi, un grand rassemblement de l'opposition.

Les manifestants protestaient alors contre la possible candidature du chef de la junte militaire au pouvoir, le capitaine Moussa « Dadis » Camara, lors de l'élection présidentielle du 31 janvier prochain.

La Guinée est en proie à des tensions depuis le coup d'État survenu en décembre dernier, quelques heures après la mort du dictateur Lansana Conté. La communauté internationale fait pression sur le capitaine Camara pour qu'il renonce à une éventuelle candidature à la présidentielle, et qu'il laisse le pouvoir aux civils.

Quelques dizaines de corps, enveloppés de linceul blanc, étaient exposés sur l'esplanade de la grande mosquée, sous des tentes. Les familles avaient été invitées à venir identifier les corps pour les emporter.

Un homme montre la photo de son fils, tué lors de la répression d'une manifestation à Conakry. Un homme montre la photo de son fils, tué lors de la répression d'une manifestation à Conakry.   © AFP/Seyllou

Plusieurs personnes brandissaient des photos de disparus et assuraient aux journalistes que leurs proches n'étaient pas parmi les corps exposés, dénonçant ainsi le bilan officiel de 56 morts.

Selon l'ONU et l'Organisation guinéenne des droits de l'homme, plus de 150 personnes ont été tuées lundi par les forces de sécurité.

Plus tôt dans la journée, le capitaine Camara a marqué le 51e anniversaire de l'indépendance de la Guinée en se recueillant devant le monument des martyrs à Conakry.

Après la cérémonie, M. Camara a accusé les leaders de l'opposition d'avoir mis en place « un système machiavélique » pour tenter de déclencher un mouvement d'« insurrection populaire ».

À propos du massacre de lundi, il a affirmé: « je ne dis pas que les forces de l'ordre n'ont pas tiré, mais quels sont ceux qui ont occasionné [les violences]? »

Les leaders de l'opposition, « poussés par la jalousie, ont cherché à créer une situation pour ternir l'image du capitaine Dadis », a-t-il ajouté, parlant de lui à la troisième personne.

Promesse d'élections le 31 janvier

Par ailleurs, le capitaine Camara a réaffirmé que les élections en Guinée auront lieu le 31 janvier prochain.

Le chef de la junte au pouvoir depuis neuf mois en Guinée a affirmé qu'en dépit de la répression sanglante de lundi, les préparatifs en vue des élections se poursuivront comme prévu.

M. Carama a toutefois refusé de dire s'il y serait candidat.

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