L'affaire Clearstream devant les tribunaux

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Reuters et The Globe and Mail
Dominique de Villepin (à gauche) et Nicolas Sarkozy (archives) Dominique de Villepin (à gauche) et Nicolas Sarkozy (archives)   © AFP/AFP PHOTO PASCAL PAVANI

L'affaire Clearstream revient dans l'actualité avec l'ouverture du procès, devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris, lundi. Cette histoire de fausse liste de comptes bancaires secrets au Luxembourg, où figurait, entre autres, le nom du président français Nicolas Sarkozy, implique l'ex-premier ministre Dominique de Villepin.

Le procès de l'affaire Clearstream s'ouvre à Paris. Cette histoire de fausse liste de comptes bancaires secrets au Luxembourg, où figurait le nom du président français Nicolas Sarkozy, implique l'ex-premier ministre Dominique de Villepin.

Selon l'acte d'accusation, Dominique de Villepin aurait comploté contre Nicolas Sarkozy pour le disqualifier comme candidat à la présidentielle, avant l'élection de 2007.

Dominique de Villepin, chef de la diplomatie française en 2004, a secrètement fait enquête sur les listes. Quand le scandale a éclaté, Nicolas Sarkozy a déposé une plainte contre lui.

L'ex-premier ministre nie toute responsabilité dans la falsification des documents.

L'« acharnement » de Sarkozy

D'ores et déjà, Dominique de Villepin dénonce l'« acharnement » dont fait preuve le président Sarkozy à son égard. L'ex-premier ministre considère que le chef d'État instrumentalise la justice, car il est partie civile au procès.

D'ailleurs, les avocats de M. de Villepin souhaitent faire déclarer irrecevable la présence du président français sur la liste des plaignants, dans la mesure où celui-ci jouit d'une autorité certaine sur l'appareil judiciaire.

Il est à souligner qu'il bénéficie d'une immunité pénale pour toute la durée de son mandat, ce qui empêche les accusés de se retourner contre lui, le cas échéant.

Les avocats de Dominique de Villepin considèrent cette situation comme une « atteinte au principe d'égalité des armes ».

Le gratin de la politique et de la finance au tribunal

En plus du président de la République, ce sont 40 noms qui figurent sur la liste des parties civiles. Parmi eux, le directeur du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, l'actuel ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, et Charles Pasqua, qui a déjà occupé les mêmes fonctions au sein du gouvernement français.

Du côté des accusés, Dominique de Villepin n'est pas seul. Quatre hommes l'accompagnent.

Jean-Louis Gergorin, vice-président de la compagnie EADS (géant européen de l'aéronautique) au moment des faits, comparaît lui aussi. Il reconnaît être la personne qui a remis les listes au juge en 2004, mais il se dit de bonne foi.

C'est M. Gergorin qui aurait remis les listes à Dominique de Villepin.

L'ex-consultant Florian Bourges et le journaliste Denis Robert, qui ont obtenu les documents de Clearstream avant falsification, selon Reuters, doivent s'expliquer.

Le mathématicien Imad Lahoud, recruté par Jean-Louis Gergorin chez EADS, est quant à lui soupçonné d'avoir falsifié les documents.

Si Dominique de Villepin est reconnu coupable, il risque jusqu'à cinq ans de prison et 45 000 euros d'amende (soit plus de 70 000 $) pour « complicité de dénonciation calomnieuse et d'usage de faux, recel d'abus de confiance et recel de vol ».

C'est l'avenir de l'ex-candidat aux élections présidentielles françaises qui se joue. Dominique de Villepin envisage de prendre sa revanche sur son ennemi juré lors des présidentielles de 2012.

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