Moins d'aide de Washington

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse
Manuel Zelaya s'adresse à ses partisans dans un camp en bordure de la frontière nicaraguayenne, le 27 juillet dernier. Manuel Zelaya s'adresse à ses partisans dans un camp en bordure de la frontière nicaraguayenne, le 27 juillet dernier.   © AFP/AFP PHOTO/Mayerling Garcia

Alors que le président déchu, Manuel Zelaya, est reçu par la secrétaire d'État Hillary Clinton, les Américains font pression sur le Honduras en suspendant une partie de leur aide économique.

Les États-Unis ont décidé de suspendre une partie de leur aide économique au Honduras. C'est ce qu'a annoncé jeudi le département d'État américain.

L'administration Obama pousse ainsi d'un cran sa pression sur le pouvoir de fait à Tegucigalpa. Après avoir retranché environ 35 millions de dollars en assistance militaire, le département d'État envisage aussi de réduire le programme d'aide au développement des infrastructures.

Ce pays est dirigé par un régime de fait depuis le coup d'État du 28 juin qui a chassé du pouvoir le président Manuel Zelaya. Washington a indiqué que son aide est conditionnelle au retour d'un gouvernement démocratique et constitutionnel dans ce pays d'Amérique centrale.

Le porte-parole du département d'État, Philip Crowley, a dit que l'administration Obama envoie « un message très clair [à savoir que] leur stratégie ne marchera pas ». Il a insisté pour dire que le « le statu quo est inacceptable » dans ce pays.

Les Américains jugent encore que l'élection prévue en novembre prochain doit être organisée de façon « libre, juste et transparente ». Elle devra aussi « permettre à tous les Honduriens d'exercer leurs droits ».

L'aide a été retirée par une décision de la secrétaire d'État Hillary Clinton, qui pourra la rétablir quand elle le jugera pertinent.

L'objectif consiste à faire accepter par le gouvernement de fait l'accord proposé par l'ancien président du Costa Rica. Il s'agit du retour au pouvoir du président Zelaya, le déclenchement d'élections libres et une amnistie pour les auteurs du coup d'État. Le président déchu avait accepté ce plan de réconciliation, mais les putschistes l'ont refusé.

D'ailleurs, Hillary Clinton a reçu jeudi Manuel Zelaya. Celui-ci avait exhorté mercredi l'administration Obama à renforcer les sanctions contre le régime de fait à Tegucigalpa et à qualifier la prise de pouvoir de Roberto Micheletti de coup d'État militaire.

Cependant, si Washington parle de coup d'État, il n'ajoute pas le qualificatif « militaire ». Ainsi, le président déchu n'a pas eu entière satisfaction.

Ainsi, cette décision ménage les congressistes américains qui ne sont pas très chauds à l'idée de reporter au pouvoir un président qui représente une menace pour la stabilité régionale à cause de ses liens avec le président du Venezuela, Hugo Chavez.

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