Des accusés de premier plan

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et BBC
La salle du Tribunal révolutionnaire était pleine d'accusés. La salle du Tribunal révolutionnaire était pleine d'accusés.   © FARS News/Hassan Ghaedi

Des personnes influentes du camp réformateur impliquées dans les manifestations entourant la présidentielle du 12 juin comparaissent devant le Tribunal révolutionnaire de Téhéran, accusées d'être les « cerveaux » du mouvement de protestation.

Le Tribunal révolutionnaire de Téhéran a procédé mardi au quatrième procès collectif de personnalités iraniennes impliquées dans le vaste mouvement de contestation qui a suivi l'élection présidentielle du 12 juin.

Plusieurs des accusés, présentés comme les « cerveaux » des manifestations par l'agence officielle FARS, sont des personnalités influentes du camp réformateur. Certains occupaient des postes importants dans l'administration du président Mohammad Khatami entre 1997 et 2005. D'autres sont des journalistes ou des universitaires.

Tous sont accusés d'avoir fomenté une « révolution de velours » en pactisant avec les ennemis de la République islamique, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, et les médias occidentaux en général.

Ces procès sont vus comme des mascarades par les opposants au gouvernement du conservateur Mahmoud Ahmadinejad, déclaré vainqueur au terme de la présidentielle. L'opposition estime que Mir Hossein Mousavi est le vrai vainqueur du scrutin.

Comme lors des précédents procès, des accusés se sont livrés à de longues confessions et ont publiquement renié leurs actions des dernières années. Le régime iranien est réputé pour infliger des sévices aux détenus et pour les contraindre à se livrer à des aveux publics.

Des aveux en série

L'un des principaux accusés de cette journée a sans contredit été Saeed Hajjarian, considéré comme l'architecte des projets de réforme entrepris lors des huit années de la présidence de Mohammad Khatami.

M. Hajjarian, qui se déplace à l'aide d'un déambulateur et qui parle avec difficulté depuis qu'il a été victime d'une tentative d'assassinat en 2000, a demandé à un coaccusé de lire une confession dans laquelle il dit avoir commis de « graves erreurs », notamment dans son analyse des résultats électoraux.

Il a demandé pardon à la nation iranienne, a annoncé qu'il démissionnait du parti réformiste dont il était membre, a renié ses écrits des dix dernières années. Ses idées, a-t-il dit, contredisent la voie du fondateur de la République islamique, l'ayatollah Khomeiny.

Parmi les autres accusés se trouvent un ex-ministre adjoint de l'Intérieur de Khatami, Mostafa Tajzadeh, un ex-ministre adjoint des Affaires étrangères, Mohsen Aminzadeh, et un ancien porte-parole du gouvernement, Abdollah Ramezanzadeh.

L'ancien ministre Behzad Nabavi est au nombre des accusés. L'ancien ministre Behzad Nabavi est au nombre des accusés.   © AFP/FARS News/Hassan Ghaedi

Un ancien ministre de Mousavi - NDLR: premier ministre de 1980 à 1988 -, Behzad Nabavi, et l'intellectuel irano-américain Kian Tajbakhsh ont aussi été jugés.

Ce dernier a déclaré que l'ex-président Khatami et lui ont rencontré le milliardaire américain George Soros à New York en 2006 et qu'il était « victime du programme américain destiné à renverser en douceur le régime », selon l'agence officielle IRNA.

Saeed Leylaz, journaliste proche du camp réformateur, était également au nombre des accusés, tout comme Mohammad Ghoochani, rédacteur en chef du journal réformateur d'un autre candidat défait à la présidentielle, Mehdi Karoubi, et Massoud Bastani, qui travaillait pour un site Internet dirigé par le fils de l'ex-président Ali Akbar Hachémi Rafsandjani, personne influente du régime iranien qui est un ennemi déclaré du président Ahmadinejad.

M. Bastani a déclaré que Mehdi Rafsandjani a oeuvré pour créer « l'illusion qu'il y avait eu des fraudes aux élections », selon l'agence FARS. « Nous avions l'ordre d'attaquer le travail réalisé depuis quatre ans par le gouvernement, pour [...] mettre le doute sur le processus électoral ».

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