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Mise à jour le mercredi 26 août 2009 à 5 h 50

Un soldat afghan a déposé son arme sur un bulletin de vote lors du dépouillement des votes, vendredi.

Photo: La Presse Canadienne /AP/Dima Gavrysh

Un soldat afghan a déposé son arme sur un bulletin de vote lors du dépouillement des votes, vendredi.

La Commission électorale afghane a dévoilé mardi de premiers résultats de la présidentielle tenue jeudi dernier. Après dépouillement de 10 % des bulletins de vote, le président sortant Hamid Karzaï est crédité de 40,6 % des voix contre 38,6 % pour son ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah.

Résultats (après dépouillement de 10 % des votes)

Hamid Karzaï: 212 927 (40,6 %)
Abdullah Abdullah: 202 889 (38,6 %)
Ramazan Bashardost: 53 740 (10,2 %)
Ashraf Ghani: 15 143 (2,9 %)

Le fait que ces 524 444 bulletins déclarés valides constituent 10 % des votes enregistrés permet de projeter que 5,2 millions de votes sont valides. Considérant que 17 millions d'électeurs avaient le droit de vote, le taux de participation risque de dépasser tout juste la barre des 30 %. Le nombre de bulletins rejetés, qui entre dans le calcul du taux de participation, n'est toutefois pas connu.

Au lendemain du scrutin, les camps des deux principaux candidats avaient revendiqué la victoire. Tous deux ont même affirmé avoir franchi la barre des 50 % nécessaires pour éviter un second tour de scrutin.

Les appels à la patience lancés par l'ONU n'ont pas changé grand-chose jusqu'ici. Mardi encore, le ministre afghan des Finances, Hazrat Omar Zakhilwal, ne s'est pas gêné pour affirmer que son patron, Hamid Karzaï, avait obtenu 68 % des votes. Le camp Abdullah a immédiatement affirmé qu'il s'agissait de mensonges.

Les résultats partiels dévoilés mardi ne sont pas de nature à mettre fin aux nombreuses allégations de fraude lancées par les deux camps. Les résultats finaux ne sont pas attendus avant le mois de septembre. S'il s'avère nécessaire, un second tour de scrutin doit avoir lieu en octobre.

L'ONU admet des irrégularités

La commission des plaintes électorales, que préside le Canadien Grant Kippen, a reçu jusqu'ici plus de 800 plaintes. Elle juge que 54 d'entre elles sont de nature à modifier les résultats du scrutin. Ces plaintes doivent normalement être résolues avant que le résultat du scrutin ne soit officialisé.

Le chef de la mission de l'ONU en Afghanistan, Kai Eide

Photo: AFP/Massoud Hossaini

Le chef de la mission de l'ONU en Afghanistan, Kai Eide

L'envoyé spécial des Nations unies en Afghanistan, Kai Eide, a reconnu lundi que le scrutin présidentiel avait été entaché d'irrégularités.

« Il ne fait aucun doute qu'il y a eu des irrégularités le jour du scrutin, et qu'il y en a eu avant », a-t-il admis à des journalistes réunis au siège de la Commission à Kaboul.

« Ce n'est pas mon travail de déterminer à quel point elles sont significatives, à quel point elles ont été répandues. Un processus est en cours et c'est là que la Commission jouera un rôle crucial », a poursuivi M. Eide, qui a réitéré son appel à la patience aux principaux candidats.

Quelle légitimité?

La légitimité du scrutin afghan est mise à mal, non seulement en raison de ces cas de fraudes reconnus par l'ONU, mais aussi en raison des nombreuses attaques perpétrées par les insurgées le jour du scrutin.

Le gouvernement afghan a lui-même admis que 26 personnes ont été tuées, dont 9 civils, 9 policiers et 8 soldats afghans. Au total, pas moins de 135 attaques ont été recensées.

La commission électorale a pour sa part reconnu jeudi dernier que 5 % des 6500 bureaux de vote n'avaient pu être ouverts. L'organisme, que préside un ancien conseiller d'Hamid Karzaï, avait annoncé qu'un taux de participation de 50 % pourrait être atteint. Ce taux avait atteint 70 % lors de la première présidentielle, en 2004.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press et Reuters

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