Un militaire passe devant un prisonnier en cellule à la prison militaire américaine de Guantanamo Bay.
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PC/AP/Brennan Linsley
Le secrétaire à la Justice des États-Unis, Eric Holder, a annoncé lundi qu'il nommait le procureur fédéral John Durham à la direction de l'enquête sur les techniques controversées d'interrogatoire de la CIA et de ses sous-traitants.
Le secrétaire américain à la Justice nomme un enquêteur spécial dans le dossier des techniques controversées d'interrogatoire de la CIA et de ses sous-traitants, dont certaines ont été assimilées à de la torture.
Le département de la Justice a aussi recommandé de rouvrir les dossiers d'une douzaine de prisonniers qui ont subi des sévices lors des années de la présidence de George W. Bush parce qu'ils étaient soupçonnés d'être impliqués dans des activités terroristes. Certaines des méthodes de la CIA ont été assimilées à de la torture par des organismes de défense des droits de la personne.
Après avoir étudié l'affaire pendant plusieurs mois, l'Office of Professional Responsability (bureau de l'éthique professionnelle) recommande au département de la Justice de rouvrir ces dossiers fermés depuis déjà longtemps, ce qui pourrait entraîner des poursuites. Le président Obama avait déjà indiqué dans le passé que la décision reviendrait au secrétaire américain à la Justice, mais son administration n'a jamais caché qu'elle ne souhaitait pas être engluée dans ce débat au moment où elle se bat sur différents fronts en matière de politique intérieure.
Les dossiers en question, qui portent essentiellement sur des prisonniers incarcérés en Irak et en Afghanistan, ont fait l'objet d'une enquête du vérificateur général de la CIA en 2004. Ils avaient été remis à des procureurs, qui ont finalement décidé qu'ils ne méritaient pas de se traduire par des poursuites. Les dossiers avaient donc été fermés.
Ce rapport du vérificateur, rendu public lundi, révèle notamment que des agents de la CIA ont menacé de tuer les enfants de Khaled Cheikh Mohammed, cerveau autoproclamé des attentats du 11 septembre 2001, lors de son interrogatoire.
D'autres informations contenues dans le rapport ont déjà été révélées en fin de semaine. Les médias américains soutiennent par exemple que des agents de la CIA se sont livrés à des simulations d'exécution, en faisant croire à des détenus qu'un autre prisonnier avait été abattu. Il a aussi été révélé qu'un prisonnier avait été menacé avec une arme et une perceuse électrique.
Le rapport de l'Office of Professional Responsability doit lui aussi être rendu public après que certaines informations jugées sensibles en auront été expurgées. Les dossiers de prisonniers que le bureau de l'éthique du département de la Justice souhaite voir rouvrir comptent pour la moitié de tous ceux qu'il a examinés.
Des interrogateurs relevant du NSC
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AFP/Saul Loeb
Le Washington Post rapporte pour sa part que le président Obama a approuvé la semaine dernière la création d'un groupe d'interrogateurs d'élite pour interroger les personnes soupçonnées de vouloir s'attaquer aux intérêts américains dans le monde.
Le groupe rendrait des comptes non pas à la CIA, mais bien au Conseil de sécurité national, soit le groupe d'experts qui conseille directement le président Obama en matière de politique étrangère.
La création de ce groupe constitue l'une des recommandations effectuées par un groupe de travail créé au début de la présidence de Barack Obama. Cette équipe recommanderait en outre que le groupe d'interrogateurs revoie l'efficacité des méthodes d'interrogations utilisées jusqu'ici, voire qu'il en propose de nouvelles, qui seraient jugées plus efficaces. Des linguistes et des spécialistes de la culture se joindraient au groupe.
Le groupe de travail mis sur pied par la Maison-Blanche propose aussi de nouvelles règles pour le transfert de prisonniers vers des pays tiers. Il propose ainsi que le département d'État ne se satisfasse plus des assurances que ces prisonniers ne seront pas torturés fournies par les pays en question.
Le groupe de travail a été créé par le président Obama le 22 janvier, soit deux jours après son assermentation. Ce jour-là, il a aussi signé le décret ordonnant la fermeture de la prison militaire de Guantanamo d'ici un an et un réexamen des cas de tous les prisonniers qui y sont détenus.
Il avait également signé un décret ordonnant à la CIA de fermer son réseau de prisons secrètes et sommant tout le personnel américain de s'en tenir aux méthodes d'interrogations décrites dans le Manuel de terrain de l'armée (Army Field Manual), qui interdit le recours à la coercition.