Des travailleurs d'élection afghans comptent les votes à Kaboul.
©
AFP/Shah Marai
En Afghanistan, le président sortant Hamid Karzaï et son principal rival, Abdullah Abdullah, revendiquent tous deux la victoire à la présidentielle de jeudi.
Avant que la commission électorale n'ait annoncé le moindre résultat, le président sortant Hamid Karzaï et son principal rival Abdullah Abdullah se déclarent tous deux victorieux.
L'équipe de campagne du président Karzaï soutient que les données recueillies par ses observateurs sur le terrain lui accordent plus de 50 % des voix, un résultat suffisant pour éviter un second tour de scrutin.
M. Abdullah, son ancien ministre des Affaires étrangères, affirme aussi avoir remporté le premier tour. Il a déclaré à Reuters: « les résultats initiaux en provenance des provinces montrent que j'ai obtenu plus de 50 % des votes ».
Le directeur de la campagne de M. Abdullah a offert une autre version dans une entrevue accordée à l'AFP. Il soutient que son candidat a obtenu 63 % des votes, mais selon des résultats qu'il admet être partiels.
La Commission électorale n'a diffusé aucun résultat de la présidentielle jusqu'ici. Un porte-parole, Zekria Barakzai, a appelé les équipes des deux principaux candidats à faire preuve de retenue.
Les résultats finaux de la deuxième présidentielle de l'histoire du pays ne sont pas attendus avant deux semaines, mais de premiers résultats partiels pourraient être divulgués dès la fin de semaine.
L'élection s'est déroulée malgré 135 attaques des insurgés, qui ont fait un total de 26 morts. En l'absence du carnage appréhendé, M. Karzaï, l'OTAN et l'ONU ont tous dit y voir la preuve d'un succès.
La légitimité du vote reste néanmoins incertaine: des bureaux de vote n'ont jamais ouvert dans les zones contrôlées par les insurgés, des électeurs ont été attaqués et plusieurs allégations de fraude sont avancées.
Un « important pas en avant », selon Obama
À Washington, le président Barack Obama a qualifié l'élection afghane d'« important pas en avant dans les efforts du peuple afghan pour prendre en main leur avenir, malgré des extrémistes violents qui tentent de leur barrer la route ».
M. Obama a souligné qu'il s'agissait de la première élection organisée par les Afghans depuis plus de 30 ans, et que l'administration américaine n'avait soutenu aucun candidat. « Nous avons hâte de renouveler notre partenariat avec le peuple afghan sous le nouveau gouvernement », a ajouté le président américain.
Barack Obama a reconnu que les talibans avaient commis de nombreux actes de violence et d'intimidation jeudi, et a estimé qu'il pourrait y en avoir d'autres. « Nous savions que les talibans essaieraient de faire dérailler cette élection. Pourtant, même face à cette brutalité, des millions d'Afghans ont exercé leur droit à choisir leurs dirigeants et à déterminer leur propre destin, a dit le président des États-Unis. En regardant cette élection, j'ai été frappé par leur courage face aux intimidations et leur dignité face aux désordres. »
Rappelons que l'administration Obama a fait de l'Afghanistan l'une de ses priorités en matière de politique internationale. Quelque 68 000 soldats américains doivent être déployés dans ce pays d'ici la fin de l'année pour affronter l'insurrection talibane et les membres du réseau Al-Qaïda.
À Rome, les ministres des Affaires étrangères du G8, dont la présidence est assumée par l'Italie, ont appelé les candidats à la présidentielle « à user de patience et de retenue, et à attendre l'annonce officielle des résultats électoraux ».
Les chefs de la diplomatie ont aussi loué « tous les acteurs, y compris le gouvernement afghan, la commission électorale indépendante et les forces de sécurité nationales, pour avoir réussi à permettre au vote de se poursuivre et à répondre rapidement aux menaces ». Les ministres ont offert leurs condoléances « aux Afghans et aux forces internationales de sécurité qui ont payé le prix pour défendre la population afghane ».
L'Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l'Italie, le Japon et la Russie ont assuré leur soutien au nouveau président et aux conseils provinciaux afghans.