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Les Afghans aux urnes

Mise à jour le jeudi 20 août 2009 à 5 h 38

Un employé électoral devant une carte de l'Afghanistan, à Mazar-e-Sharif.

Photo: AFP/Keith Bedford

Un employé électoral devant une carte de l'Afghanistan, à Mazar-e-Sharif.

Les bureaux de vote ont ouvert jeudi matin en Afghanistan pour les élections présidentielle et provinciales. Il s'agit des troisièmes élections depuis la chute des talibans, à la fin 2001, après la présidentielle de 2004 et les législatives et provinciales de 2005.

Quelque 17 millions d'Afghans sont appelés à choisir parmi 41 candidats à la présidence et 3196 prétendants aux 420 sièges des 34 conseils de provinces, des parlements locaux chargés de faire le lien entre le gouvernement de Kaboul et la population.

Le président sortant Hamid Karzaï, porté au pouvoir à la fin 2001 avec le soutien des États-Unis, puis élu en 2004, est le favori de ce scrutin présidentiel. Cependant, il pourrait être contraint de disputer un deuxième tour face à son ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah, estiment les analystes.

Un second tour de scrutin aura en effet lieu en octobre si aucun candidat n'obtient plus de 50 % voix jeudi.

Les forces de l'ordre en état d'alerte maximale

Un soldat afghan devant un mur couvert d'affiches électorales à Kaboul.

Photo: La Presse Canadienne /AP/Kevin Frayer

Un soldat afghan devant un mur couvert d'affiches électorales à Kaboul.

Les quelque 6000 bureaux de vote, ouverts de 7 h à 16 h, heure locale, sont protégés par 300 000 forces afghanes et étrangères qui ont été placées en alerte maximale face aux menaces d'attaques des talibans. Selon les autorités électorales, plus de 10 % des bureaux de votes pourraient restés fermés à cause de l'insécurité.

Les insurgés islamistes ont menacé de démembrer ou décapiter quiconque ira voter et d'attaquer les bureaux de vote, dénonçant une « imposture orchestrée par les États-Unis ». Ils ont d'ailleurs considérablement intensifié leurs attaques ces derniers jours, en particulier à Kaboul.

Mercredi, le président Hamid Karzaï a invité les Afghans à se présenter en masse aux urnes, malgré les plus récents attentats perpétrés par les insurgés dans le pays.

De son côté, le ministère afghan des Affaires étrangères a demandé aux journalistes de passer sous silence les actes violents qui se déroulent dans le pays, « au nom de l'intérêt national ». Les autorités craignent que ces informations n'aient un effet dissuasif sur les électeurs, mais les médias étrangers n'entendent pas respecter cette requête.

En outre, la légitimité du vote, dans ce pays dévasté par plus de 30 ans de guerre et aux traditions peu démocratiques, est déjà minée par des allégations de fraude massive.

Transport de matériel électoral dans les montagnes de la vallée de Panjshir.

Photo: AFP/Shah Marai

L'organisation du scrutin représente un défi de taille, ne serait-ce que sur le plan logistique. À moins de 24 h du vote, 20 % du matériel électoral n'avait pas encore été livré, selon le chef de la commission électorale afghane. Sur la photo, transport de matériel électoral dans les montagnes de la vallée de Panjshir.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press et Reuters

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