![]() Après l'insécurité, la fraudeMise à jour le mardi 18 août 2009 à 21 h 50
À moins de 48 heures des élections présidentielle et provinciales en Afghanistan, une autre inquiétude s'ajoute à l'insécurité qui règne au pays: les rumeurs de fraude électorale massive. « Nous avons beaucoup de plaintes concernant le nombre trop important de cartes d'électeur en circulation », confirme le Canadien Grant Kippen, qui est à la tête de la Commission des plaintes électorales en Afghanistan. M. Kippen précise toutefois n'avoir reçu jusqu'à maintenant aucun témoignage formel pour le prouver. Selon les estimations des autorités, entre 3 et 4 millions de cartes électorales - ce qui représente 20 % du nombre total de cartes émises - sont frauduleuses. Un employé de la Commission électorale indépendante soutient même que l'organisme chargé de superviser le scrutin est complice de fraude. « Chaque personne qui venait au bureau de la commission repartait avec plusieurs cartes », affirme-il. Selon lui, les employés de la commission voulaient surtout encourager leur ethnie ou leur tribu. Il dit ainsi qu'ils donnaient systématiquement une dizaine de cartes aux gens de leur groupe ethnique. La situation semble se confirmer sur le terrain. Un fraudeur anonyme rencontré à Kaboul par le correspondant de Radio-Canada, Jean-François Bélanger, dit avoir réussi à obtenir huit cartes d'électeur simplement en se présentant à plusieurs reprises devant la Commission électorale. « Il n'y a eu aucune vérification. J'ai pris plusieurs cartes au même endroit sans aucun problème. Et tous mes amis qui étaient avec moi ont fait pareil », explique-t-il. Pour sa part, le ministre de l'Intérieur de l'Afghanistan dit être certain que le vote se déroulera tout de même dans de bonnes conditions. « La commission électorale nous a assuré que des mécanismes étaient prévus pour éviter que des individus ayant plusieurs cartes ne puissent voter à plusieurs reprises », affirme le ministre Hanif Atmar. Mais selon Grant Kippen, l'absence de liste électorale rend quasiment impossible de vérifier si un électeur a voté plus d'une fois. Ces possibilités de fraudes électorales massives inquiètent les pays occidentaux qui ont investi près d'un quart de milliard de dollars dans ce scrutin et font d'ores et déjà planer de sérieux doutes sur sa légitimité. Black-out sur les informations concernant les violences Le ministère afghan des Affaires étrangères a décrété mardi soir, « au nom de l'intérêt national », un black-out sur la diffusion d'informations relativement aux violences qui pourraient être commises jeudi, pendant l'ouverture des bureaux de vote. Les autorités craignent que ces informations aient un effet négatif sur les électeurs. « Tous les organes de presse nationaux et internationaux sont priés de s'abstenir de se faire l'écho des répercussions de la violence durant le processus électoral, le 20 août 2009, de 06 h 00 à 20 h 00 », dit la version anglaise du décret du ministère des Affaires étrangères. En dari, une des langues parlées en Afghanistan, le décret fait état d'une « interdiction stricte » de diffuser de telles informations. De son côté, le ministère de l'Intérieur a adopté un décret demandant instamment aux journalistes de se tenir à l'écart de toutes les scènes d'attaques et d'attentats, au motif qu'ils pourraient détruire des preuves matérielles nécessaires aux enquêteurs. Le président de l'Association des journalistes indépendants afghans, Rahimullah Samander, a condamné l'initiative du gouvernement, estimant qu'elle trahissait sa « faiblesse ». Il a affirmé que ces interdictions n'empêcheraient pas la presse nationale et internationale de tenir le public informé durant les élections. De son côté, Human Rights Watch (HRW) a dénoncé dans un communiqué « une tentative de censure de la liberté de la presse ». « La liberté d'expression est garantie par la Constitution afghane, et les Afghans ont le droit de connaître les menaces pesant sur leur sécurité, et de les évaluer eux-mêmes », a déclaré Rachel Reid, analyste de l'ONG de défense des droits de l'Homme en Afghanistan. Radio-Canada.ca avec Reuters
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Afghanistan: Human Rights Concerns in Run-Up to Elections
Communiqué de Human Rights Watch L'Afghanistan vu d'iciConsole Audio-vidéo
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