Le président afghan Hamid Karzaï a finalement promulgué une version modifiée de la controversée loi qui brime les droits des femmes de confession chiite, soutient Human Rights Watch (HRW). L'organisme américain de défense des droits de la personne soutient que la loi a été publiée dans la Gazette officielle le 27 juillet, de sorte qu'elle est bel et bien en vigueur.
Selon Human Rights Watch, la loi qui limite les droits des femmes chiites a été signée par le président Karzaï et est entrée en vigueur. Une femme qui refuse les faveurs sexuelles de son mari peut être légalement privée de nourriture.
Une jeune Hazara tient un drapeau afghan lors d'un rassemblement politique en faveur de Hamid Karzaï.
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AFP/Massoud Hossaini
La loi en question encadre de façon générale les affaires personnelles des chiites afghans: âge minimum pour le mariage, séparation, divorce, héritage, etc. Selon HRW, elle a été quelque peu modifiée, mais elle contient toujours des dispositions discriminatoires pour les femmes. Ainsi:
L'existence de cette loi avait soulevé un tollé, notamment au Canada, au Royaume-Uni et aux États-Unis. De l'avis général, cette loi constituait une concession du président Karzaï à des personnages influents de la communauté hazara, de confession chiite, afin d'obtenir leur vote lors de la présidentielle, qui aura lieu le 20 août. Les Hazaras comptent pour environ 10 % de la population afghane.
Devant l'opprobre, Hamid Karzaï, installé au pouvoir par les Américains après qu'ils eurent chassé les talibans du pouvoir, avait décidé de soumettre la loi à un processus de consultation populaire, retardant d'autant son entrée en vigueur. L'affaire avait même incité des femmes chiites à manifester.
Certaines dispositions de la loi ont effectivement été expurgées de la version promulguée, selon HRW. Ainsi, les femmes n'ont plus l'obligation d'avoir des relations sexuelles avec leur mari une fois tous les quatre jours. L'article obligeant les femmes à demander la permission de leur mari pour sortir de la maison a été également été abrogé.