Le Fatah se réunit en Cisjordanie

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas   © AFP/Abbas Momani

C'est un Mahmoud Abbas humble qui a ouvert le congrès de son parti à Bethléem, en Cisjordanie: « En raison du blocage du processus de paix, mais aussi à cause de nos erreurs, certains de nos comportements rejetés par le public, notre faible performance, notre éloignement du pouls de la rue et notre manque de discipline, nous avons perdu les élections législatives [en 2006] et ensuite avons perdu Gaza », a déclaré le président de l'Autorité palestinienne devant les délégués du parti.

Le congrès du Fatah se réunit pour la première fois en Cisjordanie dans un contexte dominé par le blocage du processus de paix et une perte de pouvoir de l'Autorité palestinienne à Gaza.

M. Abbas, qui dirige le Fatah depuis le décès de son dirigeant historique Yasser Arafat en 2004, a exhorté les délégués du congrès à mettre sur pied « une plateforme pour un nouveau départ ».

Sur les attaques israéliennes, M. Abbas s'est montré plus intransigeant: « Notre attachement à l'option de la paix ne veut pas dire que nous allons rester impuissants devant la poursuite des violations [israéliennes] destructrices pour le processus de paix. Nous nous réservons le droit de recourir à la résistance légitime, garantie par le droit international », a-t-il indiqué. « Nous ne resterons pas les bras croisés face aux incursions israéliennes », a-t-il averti.

Charge contre Israël et le Hamas

M. Abbas s'est attaqué au premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, l'accusant d'anéantir les chances d'une reprise des négociations de paix en refusant le gel de la colonisation et en excluant une restitution aux Palestiniens de la partie arabe de Jérusalem ou de la vallée du Jourdain.

Il a aussi accusé le gouvernement israélien de se livrer à une campagne de « purification ethnique » à Jérusalem-Est, en détruisant des maisons arabes et en installant des colons dans des quartiers palestiniens.

Le président de l'Autorité palestinienne n'a pas épargné le Hamas. Le dirigeant palestinien a qualifié les islamistes de « putschistes » et a dénoncé la « répression » qu'ils exercent à l'encontre du Fatah à Gaza. M. Abbas accuse également le Hamas d'entraver le dialogue avec son parti en vue d'une réconciliation.

La charte du parti en question

Plus de 2000 délégués sont réunis pour trois jours afin d'adopter un programme qui distingue le Fatah des islamistes du Hamas. Environ 400 délégués n'ont pas été autorisés par le Hamas à quitter la bande de Gaza pour se rendre à Bethléem.

Ce congrès, destiné aussi à rajeunir et à restructurer le parti, ne devrait pas enterrer la charte fondatrice qui appelle, comme celle du Hamas, à la destruction d'Israël.

Le texte fondateur du Fatah, créé en 1965 par Yasser Arafat, fait appel à la lutte armée « jusqu'à ce que l'entité sioniste soit supprimée et la Palestine libérée ».

Azzam Al-Ahmad, haut dirigeant du mouvement, a déclaré avant l'ouverture des travaux que la charte resterait en l'état. « Nous sommes dans la phase de libération nationale et nous avons le droit d'employer tous les moyens dans le combat pour faire cesser l'occupation, jusqu'à ce que nous ayons établi l'État [palestinien] », a-t-il dit.

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