Une centaine d'opposants au régime font face à la justice. Leur procès s'est ouvert le 1er août.
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AFP/Fars News
La principale figure de l'opposition, Mir Hossein Mousavi, estime que le procès d'une centaine de manifestants, qui s'est ouvert samedi à Téhéran, est une mascarade et que les accusés ont parlé sous le coup de la torture.
Des membres du camp réformateur dénoncent le procès d'une centaine de manifestants, qui s'est ouvert samedi, à Téhéran.
La principale figure de l'opposition au régime, Mir Hossein Mousavi, accuse les autorités d'avoir eu recours à des méthodes de torture dignes du Moyen-Âge pour forcer les accusés à se repentir.
Selon lui, ce procès « frauduleux » n'est qu'une mise en scène visant à préparer le terrain pour l'assermentation du président Mahmoud Ahmadinejad, qui doit avoir lieu mercredi.
M. Mousavi réagissait ainsi aux déclarations de plusieurs accusés. Lors de leur comparution, samedi, ceux-ci ont soutenu avoir commis une erreur en participant aux manifestations contre le régime. Mohammad Ali Abtahi, un membre influent du camp réformateur, a même avancé que la fraude électorale alléguée par l'opposition était une pure invention.
Plus tôt, l'ex-président réformateur iranien, Mohammad Khatami, a lui aussi durement critiqué ce qu'il qualifie de « procès-spectacle ». Selon lui, ce procès va miner la confiance des Iraniens envers les autorités islamiques. « Ce qui s'est passé est contraire à la Constitution, à la loi et aux droits des citoyens », a déclaré M. Khatami, selon son bureau.
Poursuite contre Mousavi
Le tribunal a réagi en accusant MM. Mousavi et Khatami de troubler l'ordre public. « Faire des aveux est un des moyens de prouver un crime. Aucun juriste n'a jamais remis cela en question », a soutenu le tribunal dans un communiqué.
Un groupe de députés de la ligne dure ont quant à eux déposé une plainte contre M. Mousavi, demandant qu'il soit poursuivi en justice, selon l'agence Fars. Ils l'accusent d'avoir dirigé les « récentes émeutes ».
Mohsen Rzai, le seul conservateur qui a défié M. Ahmadinejad lors de l'élection, a lui aussi critiqué le procès, soutenant que les personnes qui ont attaqué les manifestants devraient aussi être jugées. Environ 30 personnes auraient péri dans les contestations qui ont suivi le scrutin du 12 juin.
Dix accusés de plus
Dimanche, 10 personnes sont venues grossir les rangs de la centaine d'accusés appelés à comparaître. On compte parmi eux d'importantes personnalités du camp réformateur, dont l'ancien vice-président Mohammad Ali Abtahi, l'ancien porte-parole du gouvernement Abdollah Ramezanzadeh et l'ancien vice-président du Parlement Behzad Nabavi.
Jusqu'à 2000 personnes ont été arrêtés lors des manifestations. La plupart ont été libérées, mais 250 sont toujours derrière les barreaux.
Les manifestants jugés en fin de semaine sont inculpés notamment pour atteinte à la sécurité nationale, complot contre le régime en place et attaques contre des sites militaires et des édifices publics, selon l'acte d'accusation cité par l'agence de presse officielle IRNA.
Selon Fars, ils encourent des peines de cinq ans de prison. Ils risquent cependant la peine de mort s'ils sont reconnus coupables d'être des « ennemis de Dieu ».
La contestation de la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad, chef de file des conservateurs, a été nourrie par les accusations du camp réformateur, dirigé par la principale figure de l'opposition, Mir Hossein Mousavi, selon qui les résultats du scrutin ont été manipulés.
Ces troubles, les plus graves depuis la révolution iranienne de 1979, ont été violemment réprimés et ont mis en lumière des divisions au sein de l'élite dirigeante.
Jeudi, la police a dispersé sans ménagement des milliers de partisans de Mir Hossein Moussavi qui tentaient de se rassembler, malgré l'interdiction des autorités, sur un immense lieu de prière à Téhéran.