Des manifestants inculpés se repentent

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, La Presse Canadienne et Reuters
Tribunal où se déroule le procès des manifestants détenus Tribunal où se déroule le procès des manifestants détenus   © AFP/Fars News Agency/ Hossein Salehi Ara

Plusieurs des détenus inculpés pour leur participation aux manifestations contre le régime ont fait leur mea culpa lors de leur procès, samedi.

Plusieurs opposants arrêtés lors des manifestations qui ont suivi la présidentielle contestée du 12 juin, en Iran, ont déclaré avoir commis une erreur, lors de leur procès, qui s'est ouvert samedi à Téhéran.

Parmi eux: Mohammad Ali Abtahi, un membre influent du camp réformateur, et le journaliste irano-canadien pour Newsweek, Maziar Bahari.

Selon l'agence de presse iranienne Fars, M. Abtahi a soutenu devant le tribunal que la fraude alléguée par l'opposition était une pure invention.

« J'affirme à tous mes amis [...] que la question des fraudes en Iran était un mensonge qui est sorti pour provoquer des émeutes, pour que l'Iran devienne comme l'Afghanistan et l'Irak et endure des dommages et de la souffrance », a-t-il plaidé.

Jusqu'à 2000 manifestants ont été arrêtés. La plupart ont été libérés, mais 250 personnes sont toujours derrière les barreaux.

Le journaliste irano-canadien Maziar Bahari, détenu depuis le 21 juin, a quant à lui demandé pardon au guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, lors d'une déclaration à la presse à la sortie de l'audience, selon l'agence officielle IRNA.

« Inconsciemment, j'ai participé à la révolution de velours » que l'Occident voulait organiser en Iran avec l'aide de ses médias, a déclaré celui qui travaille pour l'hebdomadaire américain. Il a affirmé que les médias étrangers avaient joué un rôle de premier plan dans les manifestations et il s'est excusé d'avoir « porté atteinte à la sécurité nationale » en participants à ces rassemblements.

Depuis l'expulsion de tous les journalistes étrangers, toute information liée à la situation iranienne reste difficile à confirmer.

Une centaine d'accusés

Quelques manifestants détenus Quelques manifestants détenus   © AFP/Fars News Agency, Hossein Salehi Ara

Selon l'agence de presse Fars, ce sont une centaine de détenus qui font face à la justice. On compte parmi eux d'importantes personnalités du camp réformateur, dont l'ancien vice-président Mohammad Ali Abtahi, l'ancien porte-parole du gouvernement Abdollah Ramezanzadeh et l'ancien vice-président du Parlement Behzad Nabavi.

IRNA a rapporté mercredi qu'ils sont inculpés pour appartenance à des groupes terroristes, port d'armes et de grenades et « envoi d'images aux médias de l'ennemi ».

Selon Fars, ils encourent des peines de cinq ans de prison. Ils risquent cependant la peine de mort s'ils sont reconnus coupables d'être « ennemis de Dieu ».

La contestation de la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad, chef de file des conservateurs, a été nourrie par les accusations du camp réformateur, dirigé par la principale figure de l'opposition, Mir Hossein Mousavi, selon qui les résultats du scrutin ont été manipulés.

Ces troubles, les plus graves depuis la révolution iranienne de 1979, ont été violemment réprimés et ont mis en lumière des divisions au sein de l'élite dirigeante.

Jeudi, la police a dispersé sans ménagement des milliers de partisans de Mir Hossein Moussavi qui tentaient de se rassembler, malgré l'interdiction des autorités, sur un immense lieu de prière à Téhéran.

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