La bière de la réconciliation

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Le président a invité le professeur noir Henry Louis Gates Jr et le policier blanc James Crowley à boire une bière à la Maison-Blanche. Aussi sur la photo: le vice-président Joe Biden.   © AFP/Saul Loeb

Le professeur Henry Louis Gates Jr et le policer James Crowley prennent une bière à la Maison-Blanche avec le président Obama afin d'apaiser la controverse raciale soulevée par l'arrestation du professeur.

Le président américain a tenu son fameux « sommet de la bière » en compagnie du professeur noir Henry Louis Gates Jr et du policier blanc James Crowley, jeudi en fin d'après-midi, à la Maison-Blanche. Le vice-président Joe Biden était également présent.

C'est à l'initiative du président Barack Obama qu'ils ont convenu de boire un verre ensemble afin de tenter de mettre un terme à la controverse soulevée par l'arrestation du professeur Gates, à la mi-juillet, et alimentée par des propos du président.

La Maison-Blanche a cependant averti que cette rencontre ne serait ni l'occasion d'annoncer une grande initiative contre le racisme, ni d'essayer de faire la lumière sur l'incident.

« J'ai toujours cru que ce qui nous réunit est plus fort que ce qui nous divise », a dit M. Obama dans un communiqué publié après cette discussion, par ailleurs qualifiée d'« amicale et intelligente ». « J'ai confiance: c'est ce qui s'est passé ici ce soir, et j'espère que nous saurons tous tirer cette leçon positive de cet épisode. »

De son côté, le sergent Crowley a parlé d'une discussion franche et à caractère privé, ajoutant que Gates et lui-même avaient des avis différents. « Je pense que ce à quoi nous avons assisté aujourd'hui, c'est à la rencontre de deux gentlemen qui ont convenu qu'ils n'étaient pas d'accord sur une affaire précise », a-t-il dit à la presse.

« Je ne crois pas que nous ayons passé trop de temps à remuer le passé. Nous avons consacré pas mal de temps à parler de l'avenir », a ajouté le sergent Crowley.

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, avait indiqué auparavant que tout ce que le président voulait, c'était d'enclencher un dialogue entre les deux hommes et qu'il n'était pas question de tenter d'obtenir des excuses de qui que ce soit. Le professeur Gates réclame en effet des excuses au policier pour son arrestation, mais celui-ci refuse.

« Je dois dire que je suis fasciné par la fascination qu'exerce cette soirée », avait dit le président Obama avant la rencontre. « Je remarque qu'on l'appelle le "sommet de la bière". C'est une formule astucieuse, mais en fait, ce n'est pas un sommet. Il s'agit de trois gars qui boivent un verre en fin de journée! »

Pour la petite histoire, on a servi de la Bud Light à M. Obama, de la Blue Moon au sergent James Crowley, de la Red Stripe au professeur Henry Louis Gates Jr et de la Buckler à M. Biden.

Un incident qui ranime le débat racial

Le 16 juillet, M. Gates, professeur émérite spécialisé dans les questions africaines et afro-américaines, a été arrêté après avoir enfoncé la porte de son domicile de Cambridge, au Massachusetts, parce qu'il ne retrouvait pas ses clés. La police avait été alertée par une voisine qui croyait à un cambriolage.

Lorsqu'il est arrivé sur place, le sergent Crowley soutient que le professeur aurait refusé dans un premier temps de justifier son identité et aurait crié, face à des personnes rassemblées devant la résidence, « Voilà comment on traite les Noirs aux États-Unis ».

Henry Louis Gates Jr, ami de longue date de Barack Obama, a finalement été arrêté pour « trouble à l'ordre public ». Cette accusation a par la suite été abandonnée.

Près d'une semaine plus tard, le président a jeté de l'huile sur le feu en commentant l'affaire lors d'une conférence de presse. M. Obama a déclaré que le policier avait agi de « manière stupide » en arrêtant le professeur. M. Obama avait toutefois admis ne pas connaître tous les éléments du dossier.

Les propos de M. Obama ont aussitôt soulevé un tollé, plusieurs personnes lui reprochant d'avoir commenté une affaire sans en connaître tous les détails. M. Obama a ensuite dit qu'il regrettait le choix de ses mots.

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