« 10 000 disparus en une nuit », selon Kadeer

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Rebiya Kadeer Rebiya Kadeer   © AFP/Toru Yamanaka

Lors d'une visite au Japon, la chef de la dissidence ouïgoure Rebiya Kadeer affirme que près de 10 000 manifestants ouïgours ont disparu le 5 juillet dernier.

Près de 10 000 Ouïgours impliqués dans les émeutes ethniques du 5 juillet dans le nord-ouest de la Chine auraient disparu.

C'est à tout le moins ce qu'a affirmé mercredi la chef de la dissidence ouïgoure en exil, Rebiya Kadeer, lors d'une conférence de presse au deuxième jour de sa visite au Japon.

« Près de 10 000 personnes à Urumqi ont disparu en une nuit. Où sont-elles allées? Si elles sont mortes, où se trouvent leurs corps? Si elles sont détenues, où le sont-elles? » — Rebiya Kadeer

La présidente du Congrès mondial ouïgour a expliqué que son estimation était basée sur les informations recueillies par les exilés ouïgours à partir de témoignages d'habitants et de voyageurs qui se trouvaient à Urumqi, la capitale du Xinjiang, au moment des émeutes.

Mme Kadeer, qui conteste ainsi le bilan officiel chinois, selon lequel environ 200 personnes seraient mortes et des centaines auraient été arrêtés durant les manifestations au Xinjiang, réclame une enquête internationale indépendante.

Pour sa part, Pékin accuse Rebiya Kadeer d'avoir planifié les manifestations du mois de juillet, des accusations réfutées par Mme Kadeer.

La Chine a d'ailleurs convoqué l'ambassadeur japonais pour faire part de son « fort mécontentement » par rapport à la présence de la chef dissidente en territoire nippon.

De la réaction américaine

Rebiya Kadeer s'est déclarée « perplexe et déçue » de l'attitude de Washington quant aux troubles du Xinjiang. Elle considère la réponse américaine comme étant « quelque peu distante ». Elle souhaite une réponse plus appropriée.

Affrontements entre manifestants et policiers, dimanche, à Urumqi. Affrontements entre manifestants et policiers, dimanche, à Urumqi.   © PC/Agence officielle Chine Nouvelle (Xinhua)

Le président des États-Unis, Barack Obama, a incité la Chine lundi à respecter les libertés individuelles et religieuses, ainsi que les libertés de ses minorités.

Il est cependant demeuré assez prudent sur cette question délicate, assurant qu'autant la Chine que les États-Unis croyaient en la nécessité de respecter la culture et la religion de tous les peuples.

Le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Guangya, a exprimé lundi son « appréciation de l'attitude modérée des États-Unis, [qui] ont sans équivoque déclaré que cet incident est totalement une affaire intérieure chinoise. »

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