Zelaya a franchi la frontière

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Manuel Zelaya à son arrivée à Las Manos, au Nicaragua Manuel Zelaya à son arrivée à Las Manos, au Nicaragua   © AFP/Orlando Sierra

Près d'un mois après avoir été chassé du Honduras, le président déchu Manuel Zelaya a réussi à regagner brièvement son pays.

Le président déchu Manuel Zelaya met pied au Honduras pendant quelques instants avant de regagner le Nicaragua. Les forces de l'ordre honduriennes massées à la frontière n'ont pas réagi malgré les menaces d'arrestation du gouvernement de facto.

M. Zelaya a franchi à pied le poste frontalier de Las Manos, entre le Nicaragua et le Honduras, afin de pénétrer en territoire hondurien. Il a immédiatement été entouré de dizaines de partisans.

Il est revenu du côté nicaraguéen de la frontière quelques instants plus tard.

Les forces de l'ordre honduriennes massées à la frontière n'ont pas réagi au geste de M. Zelaya, même si le gouvernement de facto du Honduras a menacé de l'arrêter pour trahison et corruption s'il revenait au pays.

M. Zelaya était arrivé vendredi après-midi à Las Manos, avec l'intention de regagner son pays. Il a arrêté son véhicule à quelques mètres de la frontière. Son véhicule a immédiatement été entouré de dizaines de ses partisans honduriens criant « Viva Mel », en référence à son surnom.

Il est accompagné de plusieurs personnalités, dont le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Nicolas Maduro, et un vétéran de la guérilla sandiniste, Edén Pastora.

Peu après que le président déchu a franchi la frontière, la secrétaire d'État des États-Unis, Hillary Clinton, a dénoncé la tentative « imprudente » du Manuel Zelaya de regagner son pays.

Le retour de M. Zelaya s'effectue en effet en dépit de l'appel des États-Unis et du Canada, qui lui demandent de ne pas forcer son retour afin de ne pas engendrer de violence dans son pays. Le secrétaire d'État canadien aux Affaires étrangères pour les Amériques, Peter Kent, a demandé jeudi à M. Zelaya de ne pas retourner au pays avant qu'une solution ait été trouvée.

Tension vive

Du côté hondurien de la frontière, les forces de l'ordre ont renforcé la sécurité en prévision de la nouvelle tentative de Manuel Zelaya de rentrer au pays.

Un hélicoptère de la police survole la zone et des dizaines de policiers et militaires lourdement armés gardent l'entrée du territoire. Selon l'Agence France Presse, l'armée hondurienne a fermé la frontière et les villes frontalières font l'objet d'un couvre-feu en vigueur pendant 18 heures par jour.

Des centaines de partisans du président déchu venus pour l'accueillir ont tenté de franchir le barrage mis en place par les militaires et les policiers. Les forces de l'ordre ont lancé des grenades lacrymogènes sur les manifestants qui ont riposté en jetant des pierres.

Au moins une personne aurait été blessée lors des affrontements.

« Je marche sur le Honduras », a annoncé jeudi Manuel Zelaya depuis Esteli. « Je suis fort, je n'ai pas peur, mais je sais que je suis en danger ». Le président Zelaya a appelé les gens de son pays à venir l'accueillir et à « ne pas avoir peur des soldats ».

Le gouvernement illégitime du Honduras maintient que Manuel Zelaya sera arrêté s'il rentre au pays. Le ministère de la Défense du pays a déclaré jeudi qu'il ne pouvait être responsable de la sécurité de M. Zelaya s'il tentait un retour au pays et a même avancé que le président était capable d'organiser une fausse attaque contre sa personne.

Manuel Zelaya en conférence de presse, jeudi, à Esteli. Manuel Zelaya en conférence de presse, jeudi, à Esteli.   © AFP/Mayerling Garcia

Manuel Zelaya a tenté de convaincre les soldats de son pays de se joindre à son camp. « Chers soldats honduriens, ne pointez pas vos fusils sur le représentant du peuple, contre le peuple. Ces fusils doivent servir à défendre le peuple, pas à l'attaquer », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Le président Zelaya, expulsé de son pays le 28 juin par l'armée, a tenté une première fois de rentrer au pays le 5 juillet, mais en vain. Une tentative de médiation menée par le président du Costa Rica, Oscar Arias, a depuis échoué.

Correspondants
à l’étranger

  • Manon Globensky
    Manon Globensky

    Audio -  Les Occidentaux durcissent le ton contre le régime syrien

  • Luc Chartrand
    Luc Chartrand

    Vidéo -  Présidentielles en Égypte : les candidats au second tour

  • Ginette Lamarche
    Ginette Lamarche

    Audio -  Élections égyptiennes : les inquiétudes des coptes

Tous les correspondants

Facebook