Hu Jintao rentre au pays

Hu Jintao Hu Jintao, lors d'un point de presse le 6 juillet à Rome   © AFP/Tiziana Fabi

En Chine, les violences ethniques qui frappent la province du Xinjiang préoccupent au plus haut point le gouvernement.

Le président chinois quitte le sommet du G8 en Italie pour retourner au pays en raison des violences dans la province du Xinjiang, où des milliers de policiers et de soldats sont sur un pied d'alerte.

Le président Hu Jintao a interrompu son voyage en Italie, où il devait participer au sommet du G8, pour rentrer au pays.

Citant un haut responsable de l'ambassade de Chine à Rome, l'agence de presse italienne Ansa dit que le président a pris sa décision « en raison d'affaires intérieures et de la situation au Xinjiang ».

Il a quitté l'Italie tôt mercredi matin, a annoncé l'agence de presse officielle Chine nouvelle.

Une délégation chinoise demeurera en Italie pour participer au G8, qui s'ouvre mercredi à L'Aquila.

Des braises toujours chaudes

Des milliers de soldats et de policiers sont déployés mercredi dans la capitale du Xinjiang, Urumqi, une ville de 2 millions d'habitants située à environ 3000 kilomètres de la capitale, Pékin, et théâtre de violents affrontements entre Ouïgours et Han.

Les forces de l'ordre, armées de fusils automatiques et en tenues antiémeutes, ont pris position au centre de la ville et encerclent les quartiers ouïgours.

Les soldats et policiers veulent vraisemblablement séparer les Ouïgours des Han afin d'éviter une répétition des violences.

Mardi, à Urumqi, plusieurs centaines de Han brandissant des armes, des couteaux, des bâtons et d'autres armes de fortune ont déferlé dans les rues de la ville, en quête de vengeance contre les Ouïgours.

Les manifestants, outrés que les membres de leur communauté aient été pris pour cible par des Ouïgours dimanche, ont été empêchés de pénétrer dans un quartier ouïgour de la ville par les forces de l'ordre. Personne n'a perdu la vie.

Les émeutes de dimanche à Urumqi ont fait 156 morts et plusieurs dizaines de blessés, selon les médias officiels chinois.

Plus de 1434 personnes ont été arrêtées par les forces de l'ordre au terme de ces émeutes. Cette situation a entraîné en retour une manifestation de femmes d'origine ouïgoure, qui ont exigé la libération de leurs proches dans les rues d'Urumqi.

Des Han armés ont pris d'assaut les rues d'Urumqi. Des Han armés ont pris d'assaut les rues d'Urumqi.   © AFP/Peter Parks

Les autorités d'Urumqi ont imposé un couvre-feu. Selon le collaborateur de Radio-Canada à Pékin, Éric Meyer, Urumqi est une ville composée à 80 % de Han, et un couvre-feu permettrait d'éviter des scènes d'horreur.

Dimanche, des Han auraient été pris à partie par des Ouïgours dans un marché d'Urumqi, à coups de couteau notamment, avant que la police antiémeute chinoise n'intervienne. Les vitres de commerces et de voitures ont été fracassées. Des autobus et des voitures de police ont aussi été attaqués.

L'explosion de violence serait survenue lors d'une manifestation organisée pour protester contre la mort de deux Ouïgours dans une usine de Canton, dans le sud de la Chine, au terme d'une dispute avec des Han. Ces affrontements auraient été déclenchés par des accusations selon lesquelles des Ouïgours avaient violé de jeunes filles de l'ethnie han. La police chinoise a reconnu qu'il s'agissait là d'accusations mensongères.

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Un haut responsable du parti communiste local, Li Zhi, a par ailleurs confirmé à la presse que l'accès à Internet a été partiellement coupé à Urumqi. « Nous avons coupé la connexion Internet dans certaines parties d'Urumqi afin d'étouffer rapidement les émeutes et d'empêcher la violence de se propager ailleurs », a-t-il déclaré.

Les Ouïgours se plaignent régulièrement d'être traités comme des citoyens de second ordre en Chine. Cette situation n'est pas sans rappeler celle des Tibétains, qui entretiennent les mêmes griefs à l'endroit des Han. En mars 2008, des Han avaient été pris pour cible par des Tibétains à Lhassa. Les deux groupes ethniques minoritaires de l'Empire du Milieu disent être victimes d'une politique d'assimilation de la part du gouvernement chinois.

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