![]() International États-Unis-Russie Rapprochement sur le nucléaireMise à jour le lundi 6 juillet 2009 à 19 h 45
Les relations entre la Russie et les États-Unis ayant été difficiles durant l'ère de George W. Bush, le président Barack Obama s'est rendu lundi à Moscou pour leur donner un nouveau souffle. Cette visite de trois jours a débuté avec la signature d'un accord préliminaire sur le désarmement nucléaire lançant les négociations sur le remplacement du traité START I (Strategic Arms Reduction Talks ou Entretiens sur la réduction des armes stratégiques), qui expire le 5 décembre prochain. Le président Obama a dit espérer qu'un nouvel accord, qui serait d'une durée de dix ans, soit conclu avant la fin de l'année. M. Obama et son homologue russe Dimitri Medvedev ont ainsi signé une déclaration prévoyant la réduction du nombre de têtes nucléaires à 1500-1675 dans les sept ans suivant l'entrée en vigueur de l'éventuel accord, contre 1700-2200 têtes à l'heure actuelle. Le nombre de vecteurs nucléaires, c'est-à-dire les missiles intercontinentaux embarqués à bord de sous-marins et de bombardiers stratégiques, devra aussi être réduit à 500-1100. La Russie et les États-Unis veulent aussi sécuriser tous les équipements nucléaires « sensibles » d'ici quatre ans. Signé quelques mois avant l'effondrement de l'URSS en 1991, START I a conduit à une réduction des arsenaux stratégiques des deux pays de 10 000 à moins de 6000 têtes nucléaires. L'entente prévoyait aussi un objectif de 1600 vecteurs nucléaires. Parmi les points à négocier, la Russie veut que l'entente tienne compte de toutes les têtes nucléaires entreposées, et non seulement celles qui sont déployées. Moscou souhaite également imposer une limite au nombre de missiles intercontinentaux américains équipés de charges traditionnelles. Les arsenaux nucléaires américain et russeSelon l'Association américaine de contrôle des armements, les États-Unis comptent 2200 ogives stratégiques déployées et le même nombre en réserve. Washington disposait de 1200 vecteurs nucléaires en avril dernier. Dimitri Medvedev a affirmé que de nouveaux joueurs dans le domaine du nucléaire étaient une source de pessimisme dans le monde. Le président russe n'a toutefois pas voulu les nommer. Barack Obama a déclaré que les États-Unis et la Russie, les deux plus grandes puissances nucléaires mondiales, devaient montrer l'exemple. Il n'a pas hésité à montrer du doigt l'Iran, source d'inquiétudes au Proche-Orient, et la Corée du Nord, qui a rompu ses engagements avec un nouvel essai nucléaire et ses récents tirs de missile. M. Obama a indiqué que M. Medvedev et lui avaient eu des discussions « constructives » sur les dossiers iranien et nord-coréen. Nouvelles collaborations Autre élément de ce qui semble être un réchauffement des relations Washington-Moscou: la Russie permettra aux États-Unis d'utiliser son espace aérien pour le transit de ses soldats et de ses armes vers l'Afghanistan. Les États-Unis et la Russie ont aussi convenu de reprendre leurs activités militaires communes suspendues depuis le conflit russo-géorgien d'août 2008. L'amiral américain Michael Mullen et le général russe Nikolaï Makarov ont signé un cadre stratégique d'échange, lundi. MM. Obama et Medvedev créent aussi une commission présidentielle bilatérale qui permettra aux deux pays de développer des collaborations dans des domaines comme le développement, l'économie, l'environnement, la lutte contre le terrorisme, l'éducation, la culture, l'exploration spatiale et la santé. La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, se rencontreront cet automne pour lancer les pourparlers. Moscou a également accepté de lever l'embargo sur certains animaux d'élevage, selon ce qu'a indiqué Barack Obama. Des litiges toujours présents Les contentieux récents entre Moscou et Washington ne semblent toutefois pas en voie de disparaître. Au sujet du projet de bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque, les présidents Obama et Medvedev ont convenu de poursuivre les discussions. Le président américain a reconnu que ce projet hérité de l'ère Bush était une source de préoccupation pour son homologue russe. Il a toutefois refusé de lier les négociations sur le bouclier à celles sur un nouvel accord START. Barack Obama a aussi plaidé lundi en faveur du respect de l'intégrité territoriale de la Géorgie. Rappelons qu'en août 2008, la Russie a reconnu deux républiques séparatistes géorgiennes, ce qui a mené à une confrontation et à des tensions toujours présentes. M. Obama a également participé lundi à une cérémonie devant la tombe du Soldat inconnu, au pied du Kremlin, avant de rencontrer le président russe, Dimitri Medvedev, pour quatre heures d'entretiens. Mardi, Barack Obama aura une première rencontre avec le premier ministre russe, et ancien président, Vladimir Poutine, de qui la plupart des observateurs disent qu'il exerce encore la plus grande influence sur la conduite des affaires russes. Radio-Canada.ca avec Agence France Presse
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