Zelaya confirme son retour

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Manuel Zelaya Manuel Zelaya lors d'une conférence de presse, le 2 juillet à Panama City.   © AFP/Alexis Rivas

Près d'une semaine après avoir été chassé du Honduras, le président déchu Manuel Zelaya confirme qu'il rentrera au pays dimanche.

Alors que l'Organisation des États américains commence à débattre de la crise, le président déchu dit qu'il rentrera au pays dimanche accompagné de plusieurs leaders sud-américains. Les putschistes promettent de l'arrêter.

« Ce dimanche, nous serons à Tegucigalpa », a-t-il déclaré à la chaîne internationale TeleSUR, basée au Venezuela. M. Zelaya a ajouté qu'il serait accompagné de plusieurs dirigeants sud-américains. La présidente de l'Argentine, Christina Kirchner, et le président de l'Équateur, Rafael Correa, ont déjà proposé de l'accompagner dans son périple.

M. Zelaya a indiqué être confiant en vue de son retour dans son pays. Il s'est dit « très optimiste parce que tout le monde condamne le coup d'État. »

Le retour du président exilé de force comporte toutefois des risques. Les nouveaux dirigeants honduriens ont affirmé qu'il serait immédiatement arrêté s'il revenait au pays.

Afin d'éviter des violences, le président destitué et chassé du Honduras le 28 juin a d'ailleurs appelé ses partisans à l'accueillir « sans armes ». Il a aussi demandé aux autorités en place à Tegucigalpa à lui rendre son poste, en les qualifiant de « secte criminelle ». Mais le nouveau pouvoir en place et la Cour suprême ont rejeté cette possibilité.

Bras de fer entre le Honduras et l'OEA

Le président putchiste du Honduras Roberto Micheletti Le président putchiste du Honduras Roberto Micheletti   © AFP/Orlando SIERRA

Pendant ce temps, le fossé se creuse entre l'Organisation des États américains (OEA) et le nouveau gouvernement du Honduras.

Samedi à Washington, l'OEA a commencé à débattre de la possibilité d'expulser le Honduras de ses rangs. Devant les membres de l'organisation, le secrétaire générale de l'OEA, Jose Miguel Insulza, a demandé samedi soir l'exclusion du Honduras. Selon lui, il n'y a aucune autre alternative. Il a invoqué la Charte qui régit l'OEA. « Il n'y a pas d'alternative à l'application de l'article 21 de la Charte démocratique interaméricaine », qui prévoit l'exclusion d'un pays en cas de non-respect des valeurs démocratiques du texte, a-til plaidé devant l'assemblée générale de l'organisation.

Mais avant même le début des discussions, le Honduras a annoncé qu'il se retirait de l'organisation. Le nouveau président hondurien Roberto Micheletti a annoncé vendredi soir que le pays ne reconnaissait plus la charte de l'organisation. Sa décision intervenait au terme des 72 heures que lui a données l'OEA pour réinstaurer le président Manuel Zelaya dans ses fonctions.

Jose Miguel Insulza a semblé peu impressionné par le geste du gouvernement intérimaire hondurien. « Cela n'a aucun effet juridique », a-t-il déclaré à la radio chilienne en précisant que le gouvernement de Roberto Micheletti n'était « pas reconnu » par l'organisation panaméricaine.

M. Insulza s'est rendu à Tegucigalpa vendredi dans l'espoir d'entamer un dialogue. Cet espoir était renforcé par les déclarations du président putschiste Micheletti, qui s'était dit ouvert à des élections anticipées.

Mais le secrétaire général de l'OEA est sorti bredouille de ses discussions, le président de la Cour suprême du Honduras lui ayant annoncé que la destitution du président Manuel Zelaya était « irréversible ».

Ce dernier a été destitué et expulsé du pays par l'armée après avoir voulu organiser une consultation populaire sur la possibilité de briguer un second mandat présidentiel. La Cour suprême avait qualifié l'exercice d'illégal.

Roberto Micheletti et ses acolytes sont de plus en plus isolés sur la scène internationale, où ils étaient déjà condamnés par l'ONU, l'Union européenne et la plupart des pays d'Amérique centrale.

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