![]() International Iran De nouvelles voix de contestationMise à jour le jeudi 25 juin 2009 à 15 h 04 Treize jours après le scrutin présidentiel en Iran, la contestation continue et bénéficie de nouvelles voix.
Le grand ayatollah dissident Hossein Ali Montazeri a mis en garde le pouvoir iranien, jeudi, contre la répression des protestations. Si le peuple iranien ne peut pas revendiquer ses droits légitimes dans des manifestations pacifiques et qu'il est réprimé, la montée de la frustration pourrait éventuellement détruire les fondations de n'importe quel gouvernement, aussi fort soit-il. — Le grand ayatollah Hossein Ali Montazeri M. Montazeri occupe le rang le plus élevé dans le clergé chiite iranien et il représente une voix dissidente au sein de celui-ci. Il a d'ailleurs appelé ses compatriotes qui contestent la légitimité des résultats du vote à poursuivre leur mouvement. Il a aussi exprimé sa défiance envers le Conseil des gardiens de la Constitution en demandant l'établissement d'« une commission impartiale ayant toute autorité pour trouver une issue acceptable à l'élection ». Autres signes de fissures De leur côté, 105 députés sur les 290 que compte le Madjlis (le Parlement iranien) se sont présentés à la fête de victoire du président Mahmoud Ahmadinejad mercredi, rapporte la BBC, qui cite la presse locale. Une cinquantaine d'entre eux sont des réformistes et n'étaient pas attendus à cette cérémonie. Mais l'absence d'autres députés constitue un indicateur des scissions au sein de la sphère politique iranienne, indique le média anglais. Le même jour, le maire de Téhéran, Mohammad Baqer Qalibaf - un ancien général des Gardiens de la révolution - a apporté un soutien implicite aux manifestants. Il a noté qu'« une partie de la population se pose des questions sur l'élection et cela doit être pris en compte et ne peut être résolu par la force ». Mousavi se dit sous pression pour retirer sa plainte Quant au chef du mouvement de contestation, Mir Hossein Mousavi, il a déclaré jeudi être « sous pression » pour retirer sa demande d'annulation de la présidentielle du 12 juin sur son site Internet. De récentes pressions visent à me faire renoncer à ma demande d'annulation de l'élection. — Mir Hossein Mousavi Le 23 juin, le bureau de campagne de M. Mousavi a déposé un rapport faisant état de fraudes et d'irrégularités présumées commises lors du scrutin. Il réclamait dans la foulée la création d'une « commission-vérité » pour réexaminer le processus électoral. Mahmoud Ahmadinejad a été officiellement élu avec 63 % des suffrages. Le Conseil des gardiens de la Constitution, chargé de valider ces résultats, s'est donné jusqu'à lundi pour examiner les plaintes de MM. Karoubi et Mousavi sur la régularité du scrutin. Mais il a clairement indiqué que cet examen ne remettrait pas en cause le résultat final. Des contestataires emprisonnés De plus, le site Internet de M. Mousavi affirme que 70 universitaires et membres d'associations islamiques d'étudiants ont été arrêtées après avoir rencontré l'ex-candidat mercredi. Le quotidien iranien Etemaad a de son côté publié une liste de 70 noms de responsables iraniens réformateurs de premier plan, de journalistes et de responsables de la campagne de Mir Hossein Moussavi qui seraient sous les verrous. Plusieurs médias affirment que cela porte le nombre de dissidents détenus à 140, mais il est impossible de vérifier si certains noms se recoupent entre les deux décomptes. Parmi eux figure le journaliste canadien Maziar Bahari, qui travaillait pour l'hebdomadaire américain Newsweek. De leur côté, les autorités avaient annoncé l'arrestation de 457 personnes à la suite des manifestations très violentes de samedi dernier dans Téhéran. Ces chiffres demeurent toutefois difficiles à vérifier, étant donné que le pouvoir a bouté tous les journalistes étrangers hors du pays. Un journaliste de la BBC accusé du meurtre de Neda Toutefois, selon les données existantes, au moins 17 Iraniens ont été tués dans les manifestations qui ont suivi le vote. Parmi eux figure la jeune Neda, dont une vidéo de sa mort a circulé largement sur Internet et qui a suscité une vague d'indignation mondiale. La presse ultraconservatrice tentait jeudi de disculper les forces iraniennes au sujet de ce meurtre, accusant même un journaliste de la BBC d'avoir embauché un tueur à gages pour l'assassiner.
Pression sur les manifestations Un autre candidat défait, le réformateur Mehdi Karoubi, a annulé une cérémonie qu'il avait prévue jeudi à la mémoire des manifestants morts depuis le début des troubles, faute d'autorisation. Il déplore qu'on « ne donne pas un endroit à des dirigeants politiques [...] pour une cérémonie de deuil, pas même une mosquée ». Dans les rues, la répression continue. Les manifestations de l'opposition qui avaient rassemblé jusqu'à plusieurs centaines de milliers de personnes la semaine dernière ont considérablement perdu de leur ampleur. Mercredi, la forte présence policière a dissuadé quelques centaines d'Iraniens de se rassembler à proximité du Parlement à Téhéran, ont affirmé des témoins. Quant à Mahmoud Ahmadinejad, il a sommé jeudi son homologue américain Barack Obama de cesser de s'ingérer dans les affaires intérieures iraniennes. Et d'exiger qu'il exprime des regrets, rapporte l'agence de presse semi-officielle Fars. Niant toute ingérence, le président des États-Unis s'était dit « outré et choqué » mardi par la violence de la répression. Le pouvoir iranien a exclu l'annulation de la présidentielle contestée du 12 juin et annoncé que le nouveau président et son gouvernement allaient être investis entre le 26 juillet et 19 août. Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press, BBC et Reuters
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