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International Crise en Iran

Téhéran sermonne l'Occident

Mise à jour le mercredi 24 juin 2009 à 21 h 04

L'ayatollah Ali Khamenei

Photo: La Presse Canadienne /AP/IRIB

L'ayatollah Ali Khamenei (archives)

L'Iran poursuit son bras de fer avec Washington et Londres. Il accuse les deux pays de se mêler de la contestation et envisage même des représailles.

Mercredi, le ministre iranien des Affaires étrangères a annoncé que Téhéran était en train de réévaluer la nature de ses relations avec la Grande-Bretagne.

Les tensions diplomatiques entre les deux pays s'accentuent depuis les derniers jours. La Grande-Bretagne a décidé d'expulser, mardi, deux diplomates iraniens en réponse à l'expulsion, la veille, de deux de ses diplomates par Téhéran.

Mercredi, le ministre iranien du Renseignement a accusé des ressortissants britanniques d'être impliqués dans les récentes émeutes, selon l'agence de presse semi-officielle Fars.

Gholam Hossein Mohseni-Ejei a précisé qu'un homme avait été récemment interpelé, parce qu'il « s'était fait passer pour un journaliste et [qu'il] collectait des informations nécessaires pour les ennemis. »

Cet homme serait le journaliste d'origine grecque du Washington Times, dont l'arrestation a été confirmée mardi.

Quiconque, sous quelque nom ou quelque titre que ce soit, collecte des informations en Iran sera arrêté.

— Ministre iranien du Renseignement

En raison de la détérioration rapide du climat politique international, la Maison-Blanche à fait savoir qu'elle avait retiré les invitations adressées à des diplomates iraniens pour les célébrations de la fête nationale américaine, le 4 juillet.

Washington dans la mire

Les autorités iraniennes accusent maintenant la CIA d'aider financièrement les « émeutiers » qui contestent les résultats officiels du scrutin.

De nombreux émeutiers ont des liens avec les États-Unis, la CIA et les Monafeghine (appellation des moudjahidines du peuple, principal groupe de l'opposition iranienne en exil) et ont reçu une aide financière de leur part.

— Sadegh Massouli, ministre iranien de l'Intérieur

La veille, le président américain Barack Obama, qui s'est dit choqué par la dure répression de la contestation en Iran, a réfuté toute accusation d'ingérence dans la crise.

Intransigeance

Le guide suprême de l'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, a par ailleurs réaffirmé que le pouvoir iranien ne cèdera pas aux manifestations visant à obtenir un nouveau scrutin, qui ont fait 17 victimes, selon le bilan officiel.

À propos des derniers développements, j'ai insisté, j'insiste et je continuerai d'insister sur l'application de la loi. Je ne m'écarterai pas d'un pas de la loi de notre pays, de la République. Ni le système ni le peuple ne céderont aux pressions, quel qu'en soit le prix.

— Ali Khamenei

Selon des témoins, une manifestation rassemblant mercredi quelques centaines de protestataires près du parlement, à l'appel de Mir Hossein Mousavi, a été durement réprimée par les forces de l'ordre.

Les manifestants, qui réclamaient la tenue d'une nouvelle élection présidentielle, s'étaient rassemblés malgré l'interdiction des manifestations.

Le mouvement de protestation contre les élections présidentielles du 12 juin dernier a de plus en plus de difficulté à se faire entendre en raison de la sévère répression des autorités.

Mousavi, dont les plus proches collaborateurs ont été arrêtés, est de plus en plus isolé. Mercredi, l'autre candidat qui contestait la régularité du scrutin, Mohsen Rezaie, a retiré sa plainte auprès du Conseil des gardiens de la Constitution, chargé de valider les élections en Iran.

Les autorités ont par ailleurs procédé mercredi à l'arrestation de 25 journalistes et membres du personnel d'un quotidien lancé pour soutenir la candidature de Mir Hossein Mousavi. Elles soutiennent que les locaux du journal servaient à l'organisation de manifestations d'opposants.

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, Associated Press, Le Monde et Reuters

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