Un débris du vol AF447
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AFP/Mauricio Lima
L'enquête sur la tragédie du vol AF447 d'Air France, qui s'est abîmé le 1er juin au large du Brésil avec 228 personnes à bord, progresse.
Selon des experts médico-légaux, les fractures subies par les victimes et la découverte de grands morceaux de l'avion laissent croire que l'appareil s'est disloqué en plein vol.
Mercredi, des experts ont affirmé que les autopsies pratiquées au Brésil sur un certain nombre de corps de victimes suggèrent que l'appareil s'est brisé en plein vol.
Un porte-parole de l'équipe médico-légale brésilienne a affirmé à l'Associated Press que les autopsies ont permis de révéler que les corps présentaient des fractures multiples aux jambes, aux hanches et aux bras.
Selon Frank Ciacco, un expert médico-légal qui a déjà travaillé au Bureau américain de sécurité des transports (NTSB), ce genre de fracture laisse croire que l'appareil se serait disloqué dans les airs. Cette thèse est soutenue par la découverte de grands morceaux de l'Airbus A330-200.
M. Ciacco affirme que les corps et les débris seraient bien plus fragmentés si l'appareil s'était désintégré directement au contact de l'eau. « Normalement, quand vous retrouvez des corps intacts avec des fractures multiples - bras, jambes, hanches -, c'est un bon indicateur d'une dislocation en vol, surtout si vous avez aussi des débris de grande taille », dit-il.
Mercredi, le quotidien brésilien O Estado de S. Paulo rapporte que des victimes ont été retrouvées avec peu ou pas de vêtements sur elles. Il avait auparavant rapporté que les victimes n'avaient pas de marques de brûlures.
Selon Jack Casey, un consultant en sécurité aéronautique et ex-enquêteur, l'absence totale ou partielle de vêtements est un indice significatif. « Dans une dislocation en plein vol, les vêtements sont arrachés », dit-il, en précisant que la nature des fractures renforçait cette hypothèse.
« Être éjecté en plein dans ce tourbillon revient à heurter un mur de briques. Même si l'on reste dans son siège, on est comme écrasé. Je pense que la plupart d'entre eux étaient morts avant de toucher l'océan », a-t-il ajouté.
Jusqu'à maintenant, 50 corps et 400 débris ont été repêchés dans l'Atlantique, mais pas les enregistreurs de vol.
Près du but
Pendant ce temps, en France, le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) dit être près de comprendre les causes de la tragédie. « Compte tenu de tout le travail qui a été fait et de tout ce qu'on a, je pense qu'on se rapproche peut-être effectivement un peu du but », a déclaré Paul-Louis Arslanian, le directeur du BEA, lors d'une conférence de presse.
M. Arslanian n'a pas voulu s'avancer sur aucune hypothèse, par exemple sur les défaillances des mesures de vitesse fournies par les sondes Pitot de l'avion.
Il a précisé qu'il était pratiquement impossible que tout l'appareil soit récupéré, mais que tout était fait pour récupérer les boîtes noires.